Corpus lnscript. grsec, n
chaque année, au mois Delphinios, dans le temple qu'elle avait consacré aux Muses, de concert avec le mari et les (ils qu'elle pleurait, et de choisir parmi eux trois personnes chargées d'accomplir des sacrifices mensuels (Iicijmjvi'ouç). Les sacrifices prescrits devaient être offerts : le 19, aux Muses; le 20, à Epictéta elle-même; le 21, à son époux Phœnix et à ses fils. Les parents, désignés par leurs noms, sont au nombre de vingt-trois; ils ne doivent pas seulement assister en personne aux cérémonies, mais être accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants1.
Nous ne sommes pas en mesure de déterminer à quel temps remonte chez les Grecs le culte des morts. Dans les poèmes homériques, des brebis et des bœufs sont immolés sur les bûchers d'Achille et de Patrocle , et brûlés avec leurs cadavres2. A l'occasion des funérailles de Patrocle, Achille coupe sa chevelure et la dépose entre les mains de son ami; il égorge, outre les brebis et les bœufs, deux chiens, quatre chevaux, douze prisonniers troyens et les jette sur le bûcher, en prononçant ces paroles : « Réjouis-toi, Patrocle, même dans la demeure d'IIadès. » Il faut donc bien reconnaître qu'il croit être agréable à Patrocle par les présents qu'il lui envoie, el surtout par l'immolation des captifs qui descendront avec lui dans le royaume sombre; mais il ne se trouve chez Homère, sauf une allusion de VOdyssée, aucune trace de sacrifices accomplis en l'honneur des morts après les funérailles et renouvelés à plusieurs reprises3. Il semble donc que cette coutume, sans être complètement inconnue au temps qui vit naître les poèmes homériques, u'élail pas alors généralement répandue, et que leurs auteurs se firent scrupule de l'attribuer
1. La consécration des morts élevés à la dignité de Héros, dont l'I prenait quelquefois l'initiative, pouvait aussi n'être qu'un hommage privé, rendue leur mémoire par ceux qu'ils laissaient après eux; voy. plus haut, p. 204. Il n'est pas douteux que souvent les images des morts ne fussent installées dans lei maisons, el qu'on ne leur rendit une sort
n'a môme rien d'étonnant ; voy. sur ce point L. Stephani, der ausruhendc Heraklès , p. 77 et suiv,
2. Odyssée, I. WIY. v. 65; Iliade, 1. XXIII, v. 166, Rien desemb n'est specilié chez 1rs Troyens, à l'occasion des funérailles d'Hector.
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à l'âge héroïque. Os sortes d'usages se rattachent aux idées dominantts sur l'étal des âmes après la mort; mais malgré l'incertitude et la fluctuation des opinions que rendait inévitables, eu pareille matière, l'absence d'une doctrine fondamentale, mi oe peul nier que la croyance aune \ i«' dépourvue, dans les enfers, de conscience et de réalité, n'ail dû peu a peu faire place à d'autres vues, et qu'à la confiance populaire dans les récompenses et les châtiments proportionnés aux œuvres, ne se soit jointe la conviction qui' 1rs morts n'étaient pas indifférents aux honneurs dont ils étaient l'objet, qu'ils accueillaient avec reconnaissance les souvenirs affectueux et s'irritaient de se voir négligés. On admettait même que ces sentiments divers trouvaient moyen de se faire jour jusque dans le monde des vivants et d'y exercer de'l'influence, grâce à l'appui des puissances souterraines, jalouses pour leurs sujets des honneurs qui leur étaient dus. Naturellement, les satisfactions que procuraient aux morts les présents et les sacrifices n'étaient pas susceptibles d'interprétations moins diverses que les sentiments produits chez les dieux par les hommages dont ils étaient l'objet. Pour les esprits éclairés, les sacrifices funèbres n'étaient, sans contredit, que des marques symboliques de l'amour et du respect que les morts étaient heureux d'inspirer, parce que c'est un sentiment naturel et profondément humain de se plaire à revivre aimé et respecté dans la mémoire des générations, ainsi qu'Euripide le fait dire à Ulysse : « Si peu que je possède, cela me suffira tant que je vivrai, mais puissé-je voir ma tombe honorée, car cette gloire nous survit longtemps t. »