‹ Antiquités grecquesChapitre 57 sur 567 · Pausanias, 1. V, c. 20, § 1; Plutarque, Lycurgue, c · texte numérisé non relu

Pausanias, 1. V, c. 20, § 1; Plutarque, Lycurgue, c

lisait celui de Lycurgue. Bien que ce témoignage ne fût pas contemporain des personnages qu'il mentionne, il était certainement d'une haute antiquité. Outre la suspension des hostilités durant la célébration des fêtes, la trêve disposait que toute la contrée clans laquelle était situé le sanctuaire serait considérée comme la propriété du Dieu, et à ce titre inviolable à tous ceux pour lesquels il était un objet de vénération. Quiconque eut cherché à s'emparer de vive force du territoire consacré était réputé anathème, et la malédiction s'étendait aux populations qui, en pareil cas, n'auraient pas prêté mainforte aux Éléens. Les troupes alliées, forcées de traverser le pays, devaient déposer leurs armes à la frontière, pour les reprendre au retour'. Ces statuts faisaient, pour ainsi dire, de l'Élide le temple de la paix. D'après une autre disposition qui s'accorde bien avec les précédentes, toutes les fois que les Hellènes étaient en guerre avec des Hellènes, l'oracle d'Olympie ne pouvait être consulté sur l'issue de la campagne. Cette défense était encore en vigueur au temps de Xénophon 2, et cependant à la même époque le sanctuaire fut souvent décoré avec les offrandes des vainqueurs3. Il y avait longtemps que la paix ne régnait plus dans le pays '>. Le sol même sur lequel était bâti la cité olympique avait été enlevé par les Éléens aux Pisates lors de la conquête dorienne. Cela n'avait pas empêché les Éléens de réclamer, d'accord avec Sparte, le privilège de l'inviolabilité, mais les Pisates naturellement ne se crurent pas tenus de souscrire à cette exigence. Ils firent, au vmc et au vu" siècle, des tentatives répétées, qui ne furent pas toutes sans succès, pour recouvrer leur ancienne

i. Strabon, 1. VIII, p. 357; Polybe, 1. IV, c. 73 et 74; Dioclore, fragm. 1. VII, (t. IV, p. 18, Biponti).

2. Xénophon, Ilellcn., I. III, c. 2, § 22. C'est une erreur de croire que le même scrupule ait arrêté les autres oracles, comme le dit Meiners (Gesch. aller Relig., t. II, p. 684, et comme d'autres l'ont répété d'après lui.

3. On en peut voir des exemples dans Pausanias, 1. V. e. lu, ,^ 2, -':'>, § 6, 24, §1,26, § 1,27, §7; VI, I'.). §9, H 21, §2.

4. Pausanias, 1 V, c. K) § 2, VI, 22, § 2; Strabon, I. VIII, p. 355 el 358. Xénophon {Hellen., I. VU, c i § 28] mentiohhéun soulèvement des Pisates qui eut lieu du temps d'Epaminondas, mais dura peu; voy. aussi Diodore, 1. XV, c. 78.

56 RELATIONS [NTERNATIONALES

possession, jusqu'au moment où les Éléens, décidément vainqueurs avec le secours de Sparte, finirent, par détruire la capitale de la Pisatide. Depuis cet événement, les Éléens ae se préoccupèrent plus de faire respecter le privilège qui protégeait leur territoire. Le temple de Zeus, 1 j A ti par Libon et achevé dans la LXXXVI8 olymp. (av. J.-C. 433), fut payé par le butin conquis sur les populations voisines, et devint avec le statue du Dieu, chef-d'œuvre de Phidias, le monument de leur victoire. L'histoire nous montre souvent ainsi les Éléens en état de guerre ; l'enceinte même consacrée à /eus servit de champ de bataille '.

La loi qui, durant les fêtes, suspendait les hostilités entre les peuples représentés à Olympie (c'/.yj.-'.r/.f, h.v/i'.y.y) fut mieux observée. A l'entrée du temple construit par Libon, on voyait une statue d'Iphitos couronné par la personnification divine de l'Ékécheirie. Les Éléens, à l'approche des solennités, envoyaient des députés dans tous les Etats grecs, pour en faire l'annonce. Si quelqu'un de ces États violait la trêve, les Eléens avaient le droit de lui infliger une amende au profit du Dieu, et faute de payement, de lui interdire toute participation aux fêtes. Ils exercèrent cette autorité même contre les Spartiates qui ne la contestèrent pas, et se bornèrent à s'excuser sur ce que l'Ékécheirie ne leur avait pas été dénoncée officiellement-. Les Eléens pouvaient aussi prononcer des amendes pour toutes les contraventions aux règlements qui concernaient les fêtes et la célébration des jeux, et cela avec l'assentiment et l'appui de l'oracle de Delphes. Les Athéniens ayant un jour refusé cette satisfaction, l'oracle déclara qu'ils n'avaient aucune réponse à espérer de lui tant qu'ils ne se seraient pas acquittés, et les Athéniens se soumirent^.

Il est impossible d'énumérer les États qui, avec le temps, accédèrent à la ligue olympique et reconnurent ses lois; mais on peut affirmer que le nombre s'en accrut progressivement. Dans les siècles qui nous sont mieux connus, ces solennités

1. Pausanias, J. V, c. 4, § 5, 20, § 2, 27, § 7, et 1. III, c. 8, § 2 : Xénophon, Hcllen., 1. VII, c. 4. § 28 et suiv.

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