Pausanias, i. V, c
apparaissent comme la fête générale de l'hellénisme ; on y voit affluer de toute part non seulement les pèlerins, les curieux et les concurrents, mais les Théories députées par les divers Etats. Les Théories, pour le dire en passant, n'étaient pas seulement de toutes les fêtes nationales; on en envoyait aux fêtes étrangères que célébraient les populations amies, pour offrir des sacrifices et prendre part aux réjouissances. Ces ambassades étaient composées de personnages pi us ou moins en évidence par leur crédit et leur richesse, dont l'un (àpx'.Oéwpoç ou y.y/i'ihopz:) était placé à la tète de ses compagnons (auvôlwpoi). Les frais étaient supportés pour la plus grande partie par l'Etat, mais comme on se faisait un point d'honneur de paraître avec éclat dans ces cérémonies, l'Archithéoros se trouvait entraîné à des dépenses considérables; aussi cette fonction est-elle désignée comme une sorte de liturgie, et ceux qui la recherchaient étaient-ils réputés faire un sacrifice patriotique '. Les Théories étaient accompagnées de nombreux serviteurs; elles emportaient avec elles, outre des vêtements magnifiques, divers objets qui (levaient servir pour les processions et les cérémonies religieuses, (liiez les Athéniens, les objets de ce genre étaient conservés dans un garde-meuble appelé Pompeion. L'Etat chez lequel la fête avait lieu devenait l'hôte des Théores. Il est fait ça el là mention de ôsapoàéxot, chargés d'en prendre soin2; toutefois il était impossible, lorsque les fêtes attiraient un trop grand nombre de visiteurs, do les loger et de les entretenir. Dans ce cas, ils dressaient des tentes pour eux et leur suite, et l'Etat qui les recevait en était quitte pour les inviter à des banquets. Les bâtiments destinés à ces réunions s'appelaient ks-'.z-ïp'.x ; il en est fait mention à Olympie el ailleurs". Depuis leur renouvellement par Iphilos et Lycurgue, les tètes olympiques étaient quinquennales, c'est-à-dire qu'elles revenaient après quatre aimées accomplies, dans le murant
1. Voy. Schœmann, Antiq. grecques, t. T, p. 506; H'. Bœckb, Staatshaush., t. I, p. 299 ri 300\
2. Bœckh, Corpus. Inscr. gr., t. I. p. 593 el 822, i. II. p, 159.
'A. Pausanias, I. V, c. 15; Strabon, I. X, p. 187; Hérodote, I. IV, c. :ï"> ; Plutarque, Convivium, <■. 2.
de la cinquième '. Elles avaient lieu au commencement et au milieu d'une période de huit années ou <1<' [quatre- vin gt-dixneufmois lunaires, divisée en deux parties de cinquante mois d'un côté, et de quarante-neuf de l'autre. Elles inauguraient alternativement ou terminaient l'année : dans le premier cas, elles tombaient au mois de Parthénios, dans le second à celui d'Apollonios, mais toujours dans la pleine lune qui suivait le solstice d'été*. La durée des frics, plus courte dans le principe, comprit plus lard au moins cinq jours, peut-être même six ou sept3. L'emplacement voué à cet usage étail l'Altis, bois sacré silué dans une plaine que traversait l'Alphée, à l'endroit où ce fleuve recevait d'une hauteur voisine un ruisseau nommé Kladeos. Des montagnes qui entouraient l'Altis, l'une portait le nom d'Olympos; l'autre, dont il est plus souvent question, était le Kronion. Une route, longue de trois cents stades, un peu plus de treize lieues, conduisait à la ville d'Elis; on l'appelait [zpz zozç. L'enceinte sacrée était remplie d'un grand nombre de sanctuaires, parmi lesquels on signale, outre le temple de Zeus, qui dominait tout, celui de Héra elle Métroon ou temple de la mère des dieux. On y remarquait aussi des autels érigés en l'honneur des dieux et des héros , et surtout celui qui servait à brûler les victimes immolées à Zeus, et s'élevait de vingt-deux pieds au-dessus d'un soubassement qui n'avait pas moins de cent vingt-cinq pieds de circonférence. Les hommes seuls avaient le droit de monter jusqu'au faite; les femmes et les filles ne pouvaient dépasser la Prothysis, c'est-à-dire laplateforme où Ton immolait les animaux, dont les débris étaient ensuite portés sur l'autel, pour être consumés avec du peuplier blanc, parce que, disait-on, Héraclès avait le premier apporté cet arbre des bords de l'Achéron, et s'en était servi à Olympie, pour offrir à Zeus le premier sacrifice '*. Parmi les autres autels, on doit mentionner en particulier, sur la colline du Kronion,
1. L'usage de calculer le temps par. olympiade, devenu général depuis Timée, remonte, comme on sait, à l'an 777 avant J.-C. A partir de ce moment, les noms des vainqueurs furent inscrits régulièrement.