‹ Antiquités grecquesChapitre 65 sur 567 · Voy. Cobet, de Philostr, Gymnasl · texte numérisé non relu

Voy. Cobet, de Philostr, Gymnasl

(il> RELATIONS INTERNATIONALES

à ceux qui prétendent entrer dans La lico d'Olympie, si vous n'avez oublié aucun do vos devoirs et n'avez commis aucun acte honteux, alors bon courage! Mais si quelqu'un d'entre vous n'est pas suffisamment aguerri, si sa vie n'est pas irrépro. chable, qu'il sorte et qu'il aille où il voudra. » Les athlètes étaient conduits à travers le stade; un héraut proclamai 1 le nom de chacun d'eux, avec mention du pays auquel il appartenait, et demandait s'il y avait quelqu'un dans l'assemblée qui entendit contester sa qualité de citoyen et la dignité de sa vie. On tirait ensuite au sort, pour répartir entre eux les adversaires. Les caractères alphabétiques qui servaient à cet usage étaient mêlés dans une urne d'argent consacrée à Zeus. Si les athlètes devaient être accouplés deux à deux, comme dans la lutte et le pugilat, et qu'ils fussent en nombre impair, celui à qui aucun adversaire n'était assigné était tenu en réserve pour disputer le prix au concurrent qui resterait vainqueur, d'où lui venait le nom d'i'siSpcc. Il parait que ceux qui avaient triomphé dans les combats deux à deux se mesuraien de nouveau les uns contre les autres, jusqu'à ce que l'un d'eux fût vainqueur de tous ses rivaux. Il avait cependant encore à compter avec riçeSpoç1, et à subir une nouvelle épreuve, non sans doute avant d'avoir pris le temps de réparer ses forces. Toujours est-il que l'eçeSpoç avait un grand avantage ; c'est toujours ainsi que sa situation est présentée.

Le tirage achevé, le signal était donné aux concurrents mis en présence. Le son des flûtes encourageait les efforts des combattants2. Dès que l'issue de la lutte était connue, un héraut proclamait le nom du vainqueur et celui du pays qui lui avait donné naissance. Le vainqueur s'avançait auprès des Hellanodices qui lui offraient une branche de palmier, en l'invitant à revenir au jour fixé pour la distribution des prix. L'athlète contre qui aucun adversaire ne s'était présenté était réputé maître du terrain3. Les prix consistaient d'abord en objets de

1. C'est la conjecture queKrause a rendue vraisemblable, Olympia, g. 119.

2. Pausanias, 1. V, c. 7, § 10, et 17, § 10; Plutarque, de Musicd, c. 16; voy. aussi les notes de Volkmann sur ce passage et celle de Kayser sur Philostrate, p. 89.

3. C'est à cette situation que s'applique l'expression àrtovit\ viitSv; voy. Krause, Ibid., p. 123, et Cobet, de Philostr. Gymnast., p. 04.

valeur, comme on avait coutume d'en décerner dans les temps homériques : un trépied, un tissu précieux, une somme d'argent ; mais par la suite l'oracle de Delphes fit changer cet usage, et le vainqueur reçut une couronne détachée de l'olivier sauvage qu'Héraclès avait planté de ses mains à Olympie ' . Un jeune garçon, natif d'Élis, et dont le père et lanière vivaient encore, dépouillait l'arbre de ses branches. Les couronnes, ornées de bandelettes, étaient exposées sur un trépied dans le pronaos du temple de Zeus. Au jour désigné, chacun recevait celle qu'il avait méritée, et son nom, ainsi que celui de sa patrie, était de nouveau proclamé par le héraut-. Les vainqueurs se rendaient ensuite au Dodékathéon pour sacrifier sur les six autels. Les chœurs les accompagnaient en chantant leurs louanges. C'étaient quelquefois des vers faits pour la circonstance, mais le plus souvent un vieux chant d'Archiloque, composé en l'honneur d'Héraclès et d'Iolaos, son neveu et son compagnon :

Gloire à toi, puissant Héraclès vainqueur dans les jeux ; Gloire à toi, Iolaos, gloire au noble couple! Tenella, tenella, gloire au vainqueur1!

Les fêtes se terminaient par un banquet servi dans l'Hestiatorion, où les lauréats étaient traités aux frais des Eléens.

Plus brillants encore étaient les hommages rendus aux vainqueurs, durant le voyage qui les ramenait dans leur patrie : lorsqu'ils s'arrêtaient chez des amis, et lorsqu'ils rentraient chez eux, parents, compagnons, compatriotes, tous s'enorgueillissaient de leurs succès et les célébraient de telle façon que, suivant l'expression de Cicéron, une victoire aux jeux olympiques était placée plus haut dans l'estime des Grecs que le triomphe dans celle des Romains1. 11 n'était pas sans exemple que l'on abattît un pan de mur sous les pas du vainqueur, comme pour

1. On montrait encore cet arbre du temps de Pline; voy. Hist. Natur.} 1. XV, c. 5, et I. XVI, c. 89.

2. La fête commenrail le lu un le 11 du mois; les prix étaient décernés le t(*>; voy. IcScliol. de l'md.nv {<lhjim>., V, v. S cl li).

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