CHAPITRE SEPTIÈME
SYMMACHIE SPARTIATE
On a vu plus haut1 que les Spartiates étaient devenus l'État le plus considérable et le plus puissant du Péloponnèse, dont ils possédaient, après la conquête de la Messénie, toute la partie méridionale, formant environ les deux tiers de la presqu'île2. Leurs efforts pour soumettre l'Arcadie et surtout Tégée échouèrent devant la résistance de cette ville. Ils comprirent d'ailleurs que l'accroissement de leur puissance n'était nullement subordonné à une extension de territoire, et conclurent avec les Tégéates un accommodement avantageux aux deux parties. Ils s'étaient auparavant entendus avec les Eléens, pour restaurer et régler en commun les jeux olympiques, et leur avaient donné, dans leurs luttes contre les Pisates et les Triphyliens, un appui dont eux-mêmes avaient profité pour exercer une influence prépondérante surin partie occidentale du Péloponnèse et sur les districts de l'Arcadie confinant àl'Elide, entre lesquels n'existait aucune solidarité politique. Les villes de l'Argolide trouvèrent également dans les Spartiates des alliés naturels qui les protégeaient conlro les entreprises des Argiens, sans menacer leur indépendance. Enfin dans tous les Etats, le parti aristocratique et conservateur était attiré vers Sparte, dont la politique tendait a entraver le développement du principe démocratique, et à renverser les tyrannies qui, à la faveur de l'esprit révolutionnaire1, avaient pu s'établir à Sicyone,à Corinthe et ailleurs.
Le traité de Sparte avec Tégée était gravé sur une colonne élevée au bord de l'Alphée, sur la limite des deux Etats*. Une