ORIGINES DE L*ANTI8EPSIE
tante, il fut le premier à entrevoir cette grande vérité, aujourd'hui démontrée, à savoir que ce poison subtil provient des germes eux-mêmes.
A Panum était donc réservée la gloire de faire la part des microbes et celle des produits fournis par eux dans les phénomènes dont on recherchait depuis si longtemps la nature intime.
Malgré la voix conciliatrice de Panum, la lutte n'en continua pas moins ardente entre ceux qui n'admettaient que l'infection par des produits chimiques, et ceux qui attribuaient au contraire tout aux organismes vivants. Mais la victoire devait rester à ces derniers; Pasteur en décida, lorsqu'il établit définitivement la spécificité des germes qui président aux différentes espèces de fermentation.
Inspiré par les travaux de Pasteur, Davaine fit ses belles études sur la bactéridie charbonneuse.
Bref, on finit par reconnaître que les causes de la putréfaction et des diverses fermentations, comme celles des maladies dites putrides, dépendent toutes de la présence, dans les milieux atteints, de germes spécifiques isolables, bien définis, et donnant lieu à la production de ces poisons, dont la détermination sollicite aujourd'hui la patience et la sagacité de tous les bactériologistes.
Gomme on le voit, ces grandes questions ne cessèrent d'être à l'étude et de passionner les savants, qui avancèrent, lentement il est vrai, mais sûrement, du côté de la vérité. Aussi, comprend-on ce mot de regret échappé à Gay-Lussac au moment de quitter la vie (1850) : « C'est dommage de s'en aller, ça commence à devenir drôle ! »
Il n'eut pas, en effet, comme nous, le privilège d'as-
sister à la révolution scientifique due à Pasteur, et d'entendre ce savant déclarer que :
« De même qu'il existe un ferment alcoolique, la levure de bière, que Ton trouve partout où il y a du sucre qui se dédouble en alcool et en acide carbonique, de même il y a un ferment particulier, une levure lactique.
« La fermentation lactique, comme l'alcoolique, est un acte corrélatif de la production d'un corps organisé, probablement très voisin de la levure de bière. »
Le résultat des patientes recherches qui conduisirent Pasteur à ces conclusions, fut de réduire à néant les théories de chimistes tels que Liebig, Berzélius et autres qui ne voulaient voir dans les fermentations que la réaction d'une matière fermentescible (sucre) sur une matière azotée très altérable.
L'oxydation de cette dernière lui donnait la propriété de communiquer à la matière fermentescible le mouvement de décomposition dont elle était elle-même animée.
Pasteur affirma bientôt la spécificité d'un grand nombre de levures, et démontra à l'évidence que, parmi ces organismes inférieurs, il en est qui ne peuvent prospérer en présence de l'oxygène, tandis que, pour d'autres, il n'est point de vie sans ce gaz.
Enfin, propriété non moins curieuse, certains germes peuvent vivre à volonté dans un milieu pourvu ou non d'oxygène. La théorie de Lavoisier, qui, pendant tout un siècle, perpétua l'idée que l'oxygène était l'élément sine quà non de toute production vitale, était définitivement renversée!
Reprenant la question des germes contenus dans l'air,