‹ Antisepsie et asepsie chirurgicales [electronic resource]Chapitre 14 sur 25 · ÉPONGES ET COMPRESSES · texte numérisé non relu

ÉPONGES ET COMPRESSES

Dès qu'il s'est agi de panser une plaie ou d'entamer les tissus dans un but opératoire, le besoin d'une substance apte à les nettoyer s'est fait sentir.

L'éponge a, pendant fort longtemps, joui de la faveur des chirurgiens, faveur bien méritée, car elle leur servait en maintes circonstances, son rôle principal étant de débarrasser les plaies du sang et des autres liquides qui entravent, par leur présence, l'acte chirurgical.

Il est difficile de trouver une substance plus absorbante, plus poreuse. Le \erhe éi)onger a d'ailleurs consacré ses mérites. Son élasticité, sa souplesse, la douceur de ses contacts, en rendent l'usage agréable et commode.

S'agit-il d'exercer une compression douce, mais continue, c'est elle encore qui sera préférée.

Un pansement doit-il être particulièrement hermétique, placer sur lui une grosse éponge et la fixer à l'aide d'une bande, est une excellente pratique. , ' ■

Ailleurs, c'est un trajet flstuleux, un canal rétréci qu'on désire élargir : l'J/J0H.7e préparée saura vaincre de

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telles résistances, comme en témoigne journellement la pratique des gynécologues.

Malgré tous ces mérites, sans compter ceux de l'éponge brûlée, auxquels la médecine a parfois recours, l'éponge est plus ou moins délaissée.

Nombre de chirurgiens y renoncent, et il faut avouer que leurs griefs sont fondés.

L'éponge est un matériel coûteux, non seulement parce que son prix d'achat est élevé, mais aussi par le fait qu'elle se détériore rapidement.

Se déchirant trop aisément, elle sème, de-ci, de-là, quelques débris qui restent à titre de corps étrangers dans les tissus, ce qui n'est pas sans inconvénient.

Chose plus grave : rien ne ressemble davantage au milieu dans lequel on opère, qu'une éponge teinte de sang ; aussi n'en est-on plus à compter le nombre d'épongés, entières ou non, oubliées dans les diverses cavités du corps.

On a beau faire une addition méthodique des éponges, avant et après l'opération, il se glisse facilement quelque erreur.

Le chirurgien, dans un moment de presse, en divise-t-il quelqu'une à l'insu de son aide, le compte n'y est plus!

Le nettoyage des éponges est, en outre, chose difficile.

De nombreuses méthodes se sont succédé ; je ne décrirai ici que celle qui me paraît la meilleure.

Il faut, pendant que les éponges sont sèches, les battre dans une serviette, afin d'en extraire tout le sable qu'elles contiennent.

Pour compléter ce premier nettoyage, un séjour prô-

longé dans l'eau courante est nécessaire; puis vient un bain dans une solution de permanganate de potasse au millième ; mais comme cette substance donne à l'éponge une fort vilaine coloration brunâtre, on a encore recours à un bain de sulfite de soude au centième, acidifié par de l'acide chlorhydrique, en solution assez concentrée pour que le mélange prenne une teinte laiteuse.

Lorsqu'à la faveur de ces manipulations, les éponges ont acquis une coloration jaune pâle, elles ont beaucoup de chances d'être propres, mais un grand lavage dans l'eau bouillante est encore indispensable avant de les placer dans les récipients, où elles seront conservées dans la solution phéniquée à 5 0/0. — Confiants dans ce mode de désinfection, quelques chirurgiens n'hésitent pas à se servir de nouveau d'épongés ayant été au contact de liquides septiques.

Ils recommandent cependant de prendre des éponges neuves pour les interventions importantes. Je crois qu'ils ont raison, et que l'oubli de cette précaution pourrait conduire à bien des déboires.

Pour mon compte, malgré toutes les bonnes qualités que je reconnais aux éponges, j'ai depuis longtemps renoncé à les utiliser pendant les opérations.

Je n'ai qu'une confiance limitée dans les moyens de désinfection proposés, et, si même ils sont réellement efficaces, on devra tout au moins convenir que leur complication est excessive.

Le grand tort de l'éponge, c'est de mal supporter l'immersion prolongée dans l'eau bouillante, et plus mal encore le passage à l'autoclave à 120 degrés.

Si sa résistance était suffisante pour affronter sans faiblesse l'un au moins de ces moyens de désinfection,

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