DEUXIEME PARTIE
Lies idées philosophiques d'Ântisthène se rapportent à trois points principaux; il s'était occupé de l'intelligence humaine et du langage , il avait exprimé quelques opinions sur la nature des êtres , et les questions relatives à la conduite de la vie faisaient l'objet principal de ses recherches. Cette division de la philosophie en logique, physique et morale, n'a été présentée, il est vrai , qu'au siècle qui suivit Antisthène ; mais elle s'offre naturellement à l'esprit quand on étudie sa doctrine , ou même quand on parcourt la liste de ses ouvrages.
Sa physique n'a pas une grande importance; mais sa logique et sa morale sont bien dignes de iixer l'attention de l'historien de la philosophie. On n'en a pas encore donné d'expositions étendues et développées; nous allons essayer de combler cette lacune , en recueillant tous les fragments et tous les témoignages épars dans les écrivains anciens, en comparant tous ces textes entre eux pour les interpréter les uns par les autres.
Mais ce n'est pas assez de considérer en elles-mêmes les opinions d'Antisthène ; il faut en marquer le vrai caractère en les opposant à celles des autres Cyniques ; il importe en effet de bien distinguer cette doctrine primitive , que l'on a appelée l'antisthénisme , des innova-
lions et des exagérations dues à Diogène et à ses successeurs.
Lorsque nous connaîtrons ainsi la pensée du maître et les conséquences qu'elle a produites dans son école, il ne nous restera plus qu'à apprécier la philosophie cynique. Au point de vue historique , nous rechercherons à quelles influences obéissait Ântisthène, quelle est sa part d'originalité; et quelle action il a exercée sur les destinées de la philosophie. Au point de vue dogmatique, nous essaierons de déterminer la valeur de sa doctrine, de distinguer ce qu'elle avait de faux ou d'exagéré, ce qu'elle renfermait de vrai , d'expliquer ainsi tout à la fois les malheureuses aberrations de l'école cynique et son incontestable grandeur.
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