‹ Antoine CourtChapitre 101 sur 251 · LKS HOMMES DE L'ANCIEN RÈGNE · texte numérisé non relu

LKS HOMMES DE L'ANCIEN RÈGNE

mais ni de tolérance ni du rappel des protestants * .

Cette anecdote que raconte Saint-Simon peint assez bien le duc d'Orléans. Ses intentions pour les relig-ionnaires étaient excellentes, mais il n'avait ni la volonté ni le temps de les exécuter. Il avait à liquider la succession d'un règ-ne, il avait le duc du Maine, Law, la banque, les intrigues d'Espag-ne; accablé d'affaires, comment s'occuper sérieusement des nouveaux convertis ? ....

S'il n'essaya point de s'occuper de leur condition, ceux qui depuis si long-temps poursuivaient en France la disparition du protestantisme et qui avaient su mettre à leur dévotion l'esprit, la volonté et la puissance de Louis XIV, se g-ardèrent bien d'imiter sa réserve et de partager son indifférence. Ils étaient restés au pouvoir, et ils n'entendaient point perdre par un changement de règne le fruit de leurs longs et patients travaux. Le vieil ordre de choses n'avait pas encore été aboli, les anciens conseils de conscience et de l'intérieur fonctionnaient toujours à Paris : la persécution devait donc suivre son cours.

Les premières assemblés du Désert qu'Antoine Court, au lendemain de la mort de Louis XIV, avait convoquées en Languedoc, avaient excité une assez vive émotion. Bâville et Roquelaure, à Montpellier, dans le premier moment de colère, en avaient immédiatement écrit à la cour. — Ici, il faut tout citer :

« M. le duc de Roquelaure et M. de Bâville donnent avis de quelques petites assemblées qui se sont tenues en Langue-

* (Encres de Saint-Siinoit, édition Chéruel, t. XIV, chap. i.

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