CONSTERNATION DES PROTESTANTS
forme et teneur, conformément à la volonté du Roi ; et ce faisant, être faites itératives inhibitions et défenses à tous les nouveaux convertis du ressort de la cour, de quelque qualité et quelque condition qu'ils soient, de faire aucun exercice de la religion jH'étendue réformée, ni de s'assembler pour cet effet, sous prétexte de prières ou culte de la dite religion de quelque nature qu'il soit, en aucun lieu, en quelque nombre, ni sous quelque prétexte que ce puisse être, ni de faire des assemblées ou quelque exercice de la religion autre que la catholique, apostolique, romaine, et, sous quelque prétexte que ce soit, de recevoir aucuns ministres et prédicants, ni d'avoir aucun commerce avec eux, directement ou indirectement »
Le 5 août de la même année, parut encore une lettre du duc d'Antin aux évêques, où il les priait d'envoyer la liste des écoles de leurs diocèses et des lieux qui en manquaient , afin que les enfants des nouveaux convertis ne pussent pas retomber dans les égarements de leurs pères, faute d'éducation ^
Rien n'était donc changé.' Ce nouveau règne que les religionnaires avaient salué avec tant de joie, dont ils attendaient avec certitude la fin de leurs maux, comptait à peine une année d'existence, et déjà il avait promulgué une ordonnance terrible qui rappelait les plus terribles du règne précédent et qui montrait clairement l'intention de la cour de ne point se départir de cette inflexibilité et de cette rig-ueur dont le
' Archives nationales, TT. 463.
* N° 17, vol. G, p. 50.5. — V. aussi Recueil des Edits, Déclarations et Arrêts du Conseil cnncemnnt la R. P. R A Rouen (1729)