‹ Antoine CourtChapitre 105 sur 251 · MESURES CONTRE LES RÉFUGIÉS · texte numérisé non relu

MESURES CONTRE LES RÉFUGIÉS

après l'ordonnance contre les assemblées, elle prit des mesures contre les réfug-iés qui, sur le faux espoir de jours meilleurs, s'étaient hâtés de revenir dans leur patrie. Elle leur interdit l'accès du sol natal, et leur défendit de passer la frontière, s'ils n'abjuraient publiquement le protestantisme ' . Bien décidée à en finir, elle voulait ainsi circonscrire le mal pour le mieux étouffer,

■< Le feu roi, écrivait l'intendant de Bretagne, a donné des ordres pour empêcher que les religionnaires réfugiés dans les pays étrangers rentrassent dans le royaume, sans faire dans la première ville frontière un nouveau serment de fidélité, et sans promettre, s'ils ne font pas en même temps abjuration de la R. P. R., de la faire incessamment. Et comme quelques-uns pourraient tenter d'y revenir à l'occasion des changements qui viennent d'arriver, j'ai reçu l'ordre de Sa Majesté de faire arrêter ceux qui pourraient rentrer dans cette province, sans avoir dessein de satisfaire à ces conditions... »

Et plus loin :

<' . . . C'est afin que vous teniez la main à l'exécution (Je ce règlement, sans vous en départir en aucune manière, que nous vous faisons savoir que telle est la volonté de la Régence*... »

En Dauphiné, Médavid accentua la pensée de la cour, et mit dans l'exécution de ses ordres une rigueur militaire :

«... Je vous supplie. Monseigneur, de donner ordre à Mes

1 La cour dut envoyer aux intendants et aux commandants militaires une lettre circulaire écrite dans ce sens. Malheureusement nous ne la possédons pas. Mais le fait n'est pas douteux, et si nous ne connaissons pas le texte de cette circulaire, nous en connaissons certainement l'esprit par les lettres des intendants et des commandants ù leurs subUélégués.

* V. Hhtoire des Eglises de Bretagne, etc., t. III, p. 213.

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