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MESURES CONTRE LES RÉFUGIÉS

sieurs les curés de votre diocèse de vous envoyer un étal exact de ceux qui sont revenus dans leurs paroisses, qui n'ont pas fait abjuration, et de vouloir bien m'en informer, afin qu'en y envoyant des troupes, je puisse la leur faire faire ou les faire sortir de la province »

Quant au Lang-uedoc, Roquelaure teiminait ses instructions par ces lig-nes : «... Si après cela, il ne laisse pas d'en revenir quelqu'un, ne manquez pas, s'il vous plaît, de le faire arrêter et de me l'envoyer en sûreté ^. »

Ces vieux commandants, ces intendants choisis par Louis XIV pour donner les derniers coups au protestantisme expirant n'étaient pas hommes en effet à abandonner le système de terreur qu'ils avaient pratiqué avec tant de succès. Aussi, dès que les volontés

1 V. La société protestante dans les Hautes- Alpes, etc., p. 42.'), 494, 505 (Août 1716.)

î Voici la lettre tout entière :

a A Montpellier, ce 14* septembre 1717.

« Quoi que je ne doute pas, Monsieur, que vous n'ayez toute l'attention que vous devez à ce qu'il n'arrive rien dans votre département contre le bien du service du Roi et de la tranquilité pubfique; je dois néanmoins vous faire savoir qu'il est nécessaire que dans la conjoncture présente, vous ayez une aplication particulière à veiller sur ce qui se passe, observant surtout d'être informé bien régulièrement de tous les étrangers, gens inconnus et suspects qui pourront arriver ou même passer dans les lieux de vôtre inspection, afin que vous soyez en état de les faire arrêter, s'il y a lieu, et donner avis conformément aux instructions qui vous ont été remises. Il est bon de vous faire remarquer que vous ne devez point avoir égard aux passeports que les réfugiés français prennent à Genève, en Suisse, ou en dilîérens endroits, des ministres des puissances étrangères, et que les réfugiés ne peuvent revenir en cette province, sans qu'ils en ayent une permission du Roi, ou une de moi; si après cela il ne laisse pas d'en revenir quelqu'un, ne manquez pas, s'il vous plait, de le faire arrêter et de me l'envoyer en sûreté. Je suis. Monsieur, très parfaitement îi vous.

« Signé : Le Duc RoytJEL.\URE. »

N»17, vol. H, p. 28G.

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