PERSÉCUTION EN FRANCE
du pouvoir se furent nettement manifestées, la persécution, quelque temps interrompue, reprit-elle son cours ordinaire.
En Picardie, Bernag-e fit battre le pays par les troupes, et se donna le plaisir de courir, de nuit, sus aux assemblées * .
En Bretag-ne, des mariages furent annulés et des enfants séquestrés ^.
En Saintoug'e, Cliamilly brûla les maisons de ceux qui allaient au Désert.
En Guyenne,- Berwick écrivit un jour que les nouveaux convertis tenaient des assemblées et qu'il serail d'avis d'ordonner aux troupes de charger celles qui se tenaient dans le voisinage de leurs quartiers. Le Régent approuva aussitôt le dessein, et ajouta que les prédicants devaient être punis de mort ^. Une assemblée ayant été convoquée, les soldats marchèrent contre les fidèles et les dispersèrent ^
En Dauphiné, Médavid disait avec un sourire, à propos d'une exécution qu'il venait de faire : « J'espère que le châtiment que je viens d'inflig'er à ceux de la vallée de Bourdeaux servira d'exemple à ceux de la province, et qu'ils se comporteront de manière à ne pas attirer chez eux mes missionnaires ^ . . »
Dans le Poitou, on se livra à la chasse des prédicants ; vingt-cinq hommes, — gens de rien, laboureurs, tisserants, valets de ferme, — furent obligés de se réfu-
' V. Histoire de Pirardie, etc., p. 276.
2 V. Histoire des Eglises de Bretagne, etc., t. III, p. 215. (1715-1718.) ' V. Histoire de la Régence, etc., t. II, p. 145 et 146. * V. Œuvres de Saint-Simon , etc. t. XI^'. ('hap, i. ' Février 1719,