‹ Antoine CourtChapitre 108 sur 251 · PERSÉCUTION EN LANGUEDOC · texte numérisé non relu

PERSÉCUTION EN LANGUEDOC

giev en Angleterre, envoyés aux galères ou pendus*.

Bâville, en Languedoc, et Roquelaure ne pouvaient se laisser dépasser. Ce dernier écrivait au gouverneur d'une ville : « Outre l'attention que vous devez avoir à exécuter bien régulièrement le contenu de votre instruction, je vous dirai encore que vous devez vous attacher particulièrement 1° à empêcher qu'il ne se tienne des assemblées, 2° à faire arrêter sans ménagement ni complaisance tous les étrangers, les inconnus et les suspects » Recommandation inutile! Nul n'était disposé à ménager des séditieux que l'on croyait domptés, et qui donnaient de nouveau des signes de leur indomptable esprit de résistance. En 1715, Roquelaure avait cru pouvoir désarmer vingt-cinq mille hommes des milices bourgeoises, mais ce qu'il en restait, joint aux troupes régulières, était suffisant pour contenir les religionnaires. De tous côtés, il envoya des détachements et mit les soldats en campagne ; le nombre des espions fut augmenté, les têtes des prédicants mises à prix, et les traîtres encouragés à découvrir les assemblées. Un prédicant fut arrêté et pendu; plusieurs réunions du Désert furent surprises et dispersées. Au commencement de l'année 1717, on apprit qu'une assemblée devait se tenir dans les Cévenues, près d'Anduze, au Désert. Les dragons accoururent pour donner « la chasse. » Ils saisirent soixante-quatorze personnes et les conduisirent à Montpellier. Roquelaure condamna vingt-deux hommes aux galères

1 V. nullet., t. IV, p. 224, et n" 17. vol. R.

2 N« 17, vol. H. p. 286 et 290.

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