‹ Antoine CourtChapitre 109 sur 251 · PERSÉCUTION EN LANGUEDOC · texte numérisé non relu

PERSÉCUTION EN LANGUEDOC

perpétuelles, les femmes à la prison, et le bourreau reçut l'ordre d'aller planter au milieu de la place d'Anduze un poteau où seraient inscrits les noms des condamnés. La punition ne parut même pas assez sévère. Il n'y avait dans cette ville que trois compagnies du régiment de Brie; on y envoya dix nouvelles compagnies avec leur état-major. Où loger tous ces gens de guerre et comment les nourrir? Le conseil de la ville dut pourvoir à tout; il emprunta, réquisitionna, et plaça les soldats chez les habitants. La cour alors se déclara satisfaite *. — La même année, une assemblée se tint aux environs d'Uzès. Plusieurs personnes furent prises et frappées de différentes peines. Duvillar , commandant dans le diocèse, écrivit aux .Consuls, en envoyant un exemplaire du jugement :

« Il faut que vous avertissiez tous les habitants qu'il y a présentement des ordres plus rigoureux que par le passé, pour punir sévèrement ces sortes d'assemblées. Les communes sont chargées de tous les frais qui se font pour le jugement des coupables et pour la nourriture des femmes qui sont prises aux dites assemblées, qui sont condamnées à une prison perpétuelle, et entretenues aux dépens de la paroisse d'où elles sont. Outre cala, la paroisse où. l'assemblée s'est tenue est encore accablée par un logement de troupes qui n'en sortiront point qu'ils ne l'aient entièrement ruinée^. »

Les religionnaires cependant, pillés, traqués, con-

• V. Histoire de l'Eglise d'Anduze, etc., p.'TSS.

^ V. Bnllet., t. IX, p. 138. — Duvillar ne faisait qu'exécuter les ordres de la cour. Voici deux fragments de lettres du conseil, à la date de 1718, qui ne peuvent laisser aucun doute sur l'esprit qui l'animait :

« Le Régent approuve fort, Monsieur, le jugement que vous

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