‹ Antoine CourtChapitre 110 sur 251 · RÉSIGNATION DES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

RÉSIGNATION DES PROTESTANTS

damnés, jetés aux galères, n'avaient de prières que pour le Roi. En toutes occasions, ils s'appelaient « les très-humbles et fidèles sujets de sa Majesté. » Ils allaient au Désert, il est vrai, malgré les édits, mais s'ils continuaient de fréquenter les assemblées, ce n'était nullement pour faire acte d'opposition : ils croyaient accomplir un devoir. « Nous protestons, écrivait Court, contre tous ceux à qui il appartiendra, que nous voulons rendre à notre prince ce qui lui est du ; mais nous croyons qu'il ne nous est pas permis de négliger pour un peu de temps notre salut et celui de nos frères * . » Ce point excepté, ils s'inclinaient devant le pouvoir qui les frappait et subissaient ses arrêts sans murmures, patiemment, presque avec respect, comme un châtiment envoyé par Dieu.

C'est Antoine Court qui avait mis au cœur des anciens Camisards ces sentiments de patience, et chaque

avez rendu en condamnant aux galères les deux hônimes qui ont été pris dans l'assemblée de nouveaux convertis tenue dans le champ de Rouvière, et la détention de quatre femmes, comme aussi de faire payer les frais de la procédure et la gratification du dénonciateur par la communauté de Florac et une communauté voisine, en punition de ce que quelques-uns y ont assisté, ce petit châtiment devant produire un bon eflet pour l'avenir. Il ne restait que pouvoir attraper le prédicant pour en faire un exemple. » Histoire de l'Eglise de Montpellier, etc., p. 367. (1718.)

« On me donne avis qu'il y a, dans les Cévennes et dans le diocèse de Mende, un grand nombre de prédicants qui ne se cachent presque plus, et qui pervertissent tellement les peuples qu'il ne reste presque plus de traces de religion dans certaines paroisses. J'ai eu l'honneur d'en rendre compte à Son Altesse Royale, qui m'a parue touchée de ces désordres... Elle a ajouté qu'il y avait deux bataillons dont vous pouvez disposer pour les répandre dans les lieux infectés par ces pré* dioants » Ihid., p. 550.

' N» 46. Lettre à Basnage. (1719.)

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