RÉSIGNATION DES PROTESTANTS
jour, il en entretenait l'énerg-ie faiblissante par ses exhortations. Avec la même force qu'il avait prêché le. Réveil et la nécessité de l'Ordre, il leur recommandait maintenant la paix, la douceur, la charité ; il leur parlait des malheurs qu'ils s'étaient jadis attirés par leurs violences et par la guerre ; il les suppliait de se soumettre religieusement aux rig-ueurs de la persécution. Au commencement de son ministère, il avait trouvé le pays frémissant. Le souffle guerrier qui avait animé les compagnons de Cavalier animait encore quelques hommes hardis et supportant difficilement les exactions des intendants ' . Il n'eût fallu qu'une étincelle pour rallumer l'incendie. A force d'efforts, par ses prédications, par les synodes, par le réveil de la piété, il était parvenu à comprimer ce penchant à la révolte. Et cependant, en 1719 encore, il était obligé de reconnaître que s'il cessait d'exhorter le peuple, il s'élèverait aussitôt « des séducteurs et des scélérats qui feraient des ravages effroyables » Cette crainte le rendait attentif et pressant. Si pareil malheur fiit en effet arrivé, il savait que la cause du protestantisme français était définitivement perdue. Le but qu'il voulait atteindre, c'était la liberté; mais pour y parvenir, il n'avait vu, il ne voyait encore qu'un seul moyen ; la résignation.
En 1718, les troupes arrêtèrent Etienne Arnaud, et un détachement le conduisit d'Alais à Montpellier. Le détachement ne comptait que quarante soldats ; il était facile à quelques hommes résolus de se mettre en embuscade sur la route, de l'attaquer et de délivrer le
1 V. Histoire des Camisurds, etc., préface. » N" 46, cah. IV,