‹ Antoine CourtChapitre 112 sur 251 · FRANCE ET ESPAGNE · texte numérisé non relu

FRANCE ET ESPAGNE

jeune prédicant. La chose fut décidée. Mais, avant d'accomplir ce dessein, on consulta Court. Celui-ci était le collèg"ue d'Arnaud; il l'aimait comme un ami, comme un frère; il se fût dévoué pour l'arracher à la mort. Cependant, lorsque les conjurés lui confièrent leur projet, il leur défendit de le mettre en exécution « préférant ne pas risquer de mettre tout le pays en feu, et voir un frère sceller de son sang les vérités qu'il avait prêchées, que de lui rendre la liberté pour édifier encore le peuple *. » Et comme il avait agi pour Arnaud, il eût ordonné qu'on agît pour luimême.

Un très-curieux événement survint bientôt qui permit aux religionnaires de donner au Régent de nouvelles assurances de leur fidélité à la monarchie.

Le duc d'Orléans voyait depuis 1715 l'Espagne conspirer contre la France. Il avait, il est vrai, conclu contre elle la triple et quadruple alliance, fait marcher ses soldats vers les Pyrénées, vu Byng- anéantir la flotte espagnole et déjoué la conspiration de Cellamare. Mais rien ne pouvait accabler celui qui était l'âme de ces complots : Albéroni. Ce premier ministre de Philippe V, toujours vaincu, jamais abattu, ne cessait de lui susciter des embarras. Après l'insuccès de Cellamare, loin de désespérer, il préparait aussitôt un grand coup pour une époque prochaine. Il forcerait, disait-il, l'empereur par une lointaine diversion de Ragotzi à lui lâcher l'armée de Sicile, il paralyserait l'Ang-leterre par une petite flotte jacobite, et il soulèverait enfin la

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