ESPOIR DES PROTESTANTS
son bisaïeul, ils ne se révolteront pas, quand même en leur assurerait la liberté de conscience et d'exercer publiquement leur relig'ion »
Court cependant concevait les espérances les plus g-randes, et son cœur s'ouvrait à la joie. L'héroïque conduite qu'il avait conseillée allait donc porter ses fruits ! Le Régnent allait connaître quels sentiments d'amour et de dévouement animait les réformés ! Il n'était point douteux que les mesures rig-oureuses que, malgré lui, il avait maintenues, ne fussent aussitôt retirées ! . . . Prenant les protestan,ts pour des rebelles, il les avait jusqu'alors laissé traiter comme tels ; les voyant en réalité paisibles et soumis, il reviendrait à la clémence. L'occasion était solennelle. Il venait de déchirer l'édit de 1715, en reconnaissant officiellement l'existence des protestants; il allait déchirer les autres, par justice et par reconnaissance, et arrêter la persécution contre des sujets fidèles et dévoués.
Ces espérances étaient partagées par les meilleurs esprits. Une des personnes que M. de Beaulieu avait envoyées à Court pour lui porter ses lettres, lui écrivait : « Depuis que je vous ai quitté, mille réflexions m ont roulé dans l'esprit. La situation où paraissent les affaires fait concevoir les plus grandes espérances pour le rétablissement de l'Eglise. » Et il conseillait d'écrire au député gentilhomme, afin qu'il employât son crédit auprès du Régent en faveur des protestants.
Un colloque où assistaient les collègues d'Antoine Court fut aussitôt tenu. Le jeune prédicant aimait les
1 iV 1, t. II, p. 216 (1719 )