ESPOIR DES PROTESTANTS
choses simples et claires; il proposa d'écrire directement au duc d'Orléans. Mais on fit des objections et on résolut de n'écrire qu'à M. de Beaulieu. Deux lettres furent composées : l'une traitait des assemblées, l'autre du dévouement des protestants au Roi. Tout ce qui avait été déjà dit sur ces deux sujets y était répété en des termes à peu près] semblables.
Ces grandes nouvelles colportées par les fidèles, par les prédicants, couraient cependant la province et la remplissaient de joie. Duplan profita de ce moment pour recommander encore une fois la patience et la résignation Soin bien inutile! Ce n'était plus ni la colère ni la haine qui agitaient les âmes, mais un sentiment d'incroyable bonheur. A peine pouvait-on croire à la réalité de ces événements. « 0 abîme, s'écriait Court, des richesses de la sagesse et de la providence de Dieu en la conduite de son Eglise ! Que ses voies en cet égard, comme dans les autres, sont incompréhensibles et difficiles à trouver ! Qui aurait, je vous prie, imag'iné que la Providence nous eut fait naître, il y a quelque temps où on ne nous reg-ardait que comme des malheureux abandonnés de Dieu et des hommes, une pareille occasion, qui nous donne tant de jour à donner des marques incontestables de
1 « Il est bon que je vous informe que les Puissances n'ignorent pas vos noms; elles savent tout ce qui se fait dans ce pays jC'est pourquoi il est plus nécessaire que jamais de redoubler nos prières envers Dieu, afin qu'il change le cœur de nos ennemis en notre faveur. Le frère Court sait que nous avons informé la cour de notre innocence et de notre fidélité pour le Roi; mais cela ne suffit pas. Il faut que nous n'ayons dans toutes nos actions pour but que sa gloire et le salut de nos prochains. . » N" 12, p. 15. (1719 )