‹ Antoine CourtChapitre 120 sur 251 · LA PERSÉCUTION DANS LE POITOU · texte numérisé non relu

LA PERSÉCUTION DANS LE POITOU

j>our en user de concert avec vous Mgr le duc d'Orléans, qui ne fait aujourd'hui que ce qu'il fit il y a quelque temps en pareille occasion pour la Guyenne et pour le Languedoc, s'en promet, et de votre attention, le même succès ^. »

L'effet produit par cette publication et par les arrestations qui la suivirent de près fut, paraît-il, considérable , car les religionnaires frappés d'épouvante quittèrent leurs demeures et prirent la fuite. Il fallut les rassurer. « S. A. R. m'a ordonné de vous faire savoir que son intention est que vous disiez et fassiez dire aux principaux d'entre eux que le Roi leur pardonne à condition de tenir à l'avenir une conduite plus régulière, et qu'ils peuvent librement et sûrement se rendre à leurs maisons et à leurs affaires ; et, pour leur en ôter tout lieu d'en douter, que vous fassiez

1 « De par le Roi,

« Sa Majesté informée que quelques particuliers, nouveaux convertis, s'étant imaginés sans fondement que les assemblées pouvaient être permises entr'eux pourvû que l'on n'y portât point d'armes, en ont tenu quelques-unes au préjudice des Ordonnances rendues à cet égard, et voulant sur cela faire savoir ses intentions et les détromper des idées chimériques que des esprits mal intentionnés leur ont suggérées, Sa Majesté, de l'avis de Monsieur le Duc d'Orléans, a déclaré et ordonné, veut et entend que les Ordonnances et Déclarations, rendues sur le fait des assemblées des nouveaux convertis, soient ponctuellement exécutées; fait défense à toutes personnes de se trouver à aucune, sous peine d'être punis, aux termes desdites Ordonnances, Edits et Déclarations. Mande et ordonne Sa Majesté au Gouverneur, Lieutenants Généraux, Commandant et Intendant de Poitou, Baillis, Sénéchaux, Prévôts, Juges, leurs Lieutenans et tous autres ses Justiciers et Officiers qu'il appartiendra, de tenir la main chacun à son égard, à l'exacte observation de la présente Ordonnance, laquelle Sa Majesté veut être publiée et affichée partout où besoin sera, h ce qu'aucun n'en prétende cause d'ignorance.

« Fait à Paris, le vingt-unième mars mil sept cent dii-neuf.

« Signé : Louis. Et plus bas : Phélypeaux. »

« Archives nationales, 0«, 368, p. 43. (Mars 1719.)

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