LA PERSÉCUTION KN LANGUEDOC
mettre en liberté ceux qui ont été arrêtés » Mais à i^eine revenus de leur panique, ils reprirent la route (lu Désert, prudemment d'abord, avec éclat bientôt. En vain Maurejjas écrivait-il de Paris : « S. A. R. a paru très-satisfaite de votre attention aux démarches qu'on a ffiitespour déconcerter les assemblées. Il v a lieu de (îroire qu'elles cesseront par la manière sérieuse dont ces malheureux voient qu'on s'y prend -. » Aucune menace ne put les arrêter. Les prédicants ne se lassèrent pas de convoquer des assemblées, et les relig"ionnaires de s'y rendre, quelles que fussent les peine.s dont la cour les frappât.
En Languedoc, Bâville était récemment parti^, — en 1718, — mais" son successeur, Bernag'e, intendant de Picardie, avait déjà donné trop de preuves de sévérité pour que les relig-ionnaires pussent se flatter de trouver en lui sinon un défenseur, un protecteur du moins de leurs droits. Ayant appris que les assemblées se multipliaient rapidement, il en écrivit à la cour, et la cour mit aussitôt à sa disposition de nouvelles troupes pour parcourir « les lieux infectés par les prédicants. » La persécution recommença . Bernage accompag-né du
1 Archives natioaates, Oi, 368, p. 67. (Mai 1719.) « Ihld., 0 1, 369, p. 110, 174, 184. (1720.)
' Voici la liste des intendants du Languedoc dans les soixante premières années du dix-huitième siècle : Avril 1718, Bernage; — Janvier 1725, Louis-Basile de Bernage fils, conseiller du roi, maître des requêtes; — Septembre 1743, Le Nain; — Janvier 17.51, Jean-Emmanuel de Saint- Priest.
* On continua aussi d'enlever les enfants : c'était une vieille habitude. Nous ne mentionnons ici le fait que pour mémoire, car on remplirait plusieurs volumes de faits semblables.
« Versailles, ce 13 avril 1720. -r-M. l'Evêque de Lavaur m'a écrit la