‹ Antoine CourtChapitre 132 sur 251 · LEUR AUTORITÉ ET LEUR CRÉDIT · texte numérisé non relu

LEUR AUTORITÉ ET LEUR CRÉDIT

Ces insuccès étaient nombreux. Plus d'un malade ne guérit point, })lus d'une assemblée qui devait être surprise se termina dans le plus g-rand calme, et plus d'une qui devait se tenir en toute sécurité fut surprise ; mais si éclatants que fussent les démentis donnés par les faits aux prédictions de l'Esprit, rien ne pouvait ébranler les convictions, ni dissiper les illusions des religùonnaires. Que de fois d'ailleurs les Inspirés avaient dit vrai, et ((ue de phénomènes étonnants!

« Il y a (les fois (juo nous sommes Ibrt effrayés, écrivait-on à Court, et d'une tristesse i|ui nous ote l'envie de rien faire, parce que bien souvent ils prononcent des choses si fortes et avec tant de pénétration, qu'il nous semble que le jugement de Dieu pend sur nos têtes. 11 y a des fois que celle que vous connaissez qui est chez nous, nous met dans des alarmes terribles. Elle fait de grands cris des douleurs qu'elle souffre, dans le temps que cela la prend. D'autre fois, il lui semble de voir quantité de morts, de sang réiiandu par les rues. Cela lui donne de grandes frayeurs, aussi bien qu'à nous, et puis elle dit : « Je te dis, mon enfant, (]ue ce ijue je te fais voir devant tes yeux arrivera bientôt en plusieurs endroits; il y en a qui le verront, d'autres qui ne le verront pas, mais ils l'entendront dire bientôt, bientôt, mon enfant*. »

Cette crédulité fiiisait la puissance des Inspirés. Ils jouissaient d'une autorité incontestée. De là des impostures. Que la plupart d'entre eux fussent de bonne foi, surtoTit les femmes, et elles dominaient, la chose n'est point douteuse. Mais que quelques-uns, profitant de la créance accordée depuis de nombreuses années aux prophètes, en aient abusé pour eu imposer, c'est ce qui n'est pas moins certain.

1 N" 1, t. II, p. 373.

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