MESURES CONTRE LES INSPIRÉS
(|ue dans tous .ses efforts il se sentit entravé, dans sou (puvre de réorg*anisation empêché, dans ses projets d'ordre et de discipline combattu, il n'iiésita pas à faire entendre de nouveau sa voix et à engag-er la lutte. Pour lui, il n'avait que son inébranlable volonté et son g'rand bon sens; contre lui se rang-eaient les Inspirés et leurs partisans qui formaient après tout la partie vivante du protestantisme. Convaincre et ramener les imposteurs, c'était difficile ; mais on pouvait par le raisonnement, par l'instruction et par l'influence des théologiens étrang*ers, détacher d'eux leurs adhérents; c'est ce qu'il essaya. Un jour, il se rendit à une assemblée que la femme Tibaude tenait à Nîmes. Il écouta, et lorsque, le discours terminé, les assistants se levèrent pour applaudir, il s'écria, à l'étonnement de tous, que de pareilles choses ne pouvaient avoir Dieu pour auteur. La prophétesse indig-née , sans mot dire, quitta la réunion et ses partisans la suivirent. Il resta seul, stupéfait. Le lendemain, il trouva les assistants de la veille et parvint à les convaincre des mensonges de Tibaude. Ce fut un de ses premiers et de ses plus éclatants succès ' . L'échec de cette prophétesse en discrédita bien d'autres qui, pour n'avoir pas la même réputation , n'en avaient pas moins leurs ardents défenseurs. Antoine Court travailla ainsi à faire le vide autour des Inspirés. Il convoqua des assemblées, multiplia ses exhortations, montra la fausseté des prophéties ; surtout il s'efforça de ramener les esprits sincères aune conception de la religion plus saine et plus vraie.
1 N" 46, oah. I, p. 31