‹ Antoine CourtChapitre 135 sur 251 · MESURES CONTRE LES INSPIRÉS · texte numérisé non relu

MESURES CONTRE LES INSPIRÉS

Point de repos. S'il avait appris qu'en quelque endroit avait surg-i une Inspirée dont les extases et les paroles jetaient le trouble, il accourait; s'il ne pouvait se rendre lui-même sur les lieux, il écrivait. On lui manda qu'à Loriol une servante, ancienne catholique, tombait en extase, se prétendait animée de l'Esprit et par ses tristes prédictions épouvantait tous ceux qui l'entouraient. Aussitôt il écrivit une long'ue lettre oii il combattait les Inspirés, et, pour frapper un plus g-rand coup, il fit même écrire par l'illustre Pictet de Genève ' .

Malgré tout, il était difficile de désabuser des g'ens qui s'opiniàtraient dans leur erreur. En vaindisait-il que des liomines véritablement animés par le Saint-Esprit ne se ppuvaient tromper, qu'en tout temps on avait vu faire mille choses surprenantes, que, si les Inspirés disaient de bonnes paroles, ils les avaient lues dans la Bible, et qu'ils ne donnaient qu'une preuve d'heureuse méil^oire. On lui répondait que ces personnes « ^l'étajent capables ni de folies, ni d'imag'iniition, non plus que de bonne mémoire, pour débiter tant de choses surprenantes en des termes que des savants ne sauraient trouver pour s'en servir dans leurs discours, que E|ieu dit qu'il cacherait ces choses aux sages et entendus et les Révélerait aux plus petits, et que, si ceux-là se taisaient, les pierres même parleraient ^ »

Contre des couvictions si profondes, la parole ipalhabile encore d'un jeune prédicant ne pouvait prévaloir; il fallait qu'elle reçût une consécration. A l'insti-

* N° 17, vol. G, p. 259. — V. aussi Pièces et documents, n" IX. » N» 1, t. II, p. 399.

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