‹ Antoine CourtChapitre 15 sur 251 · PREMIÈRES COURSES AVEC BRUNEL · texte numérisé non relu

PREMIÈRES COURSES AVEC BRUNEL

11 n'hésitait plus sur la voie qu'il devait prendre. Les spectacles dont il était témoin, les prédications auxquelles il avait assisté , les livres qu'il avait lus, les espérances qu'on fondait sur lui, tout le poussait vers le ministère.

^ Une circonstance particulière l'affermit dans sa décision. En 1713, au mois de mai, un pauvre prédicant nommé Brunei qui courait le Lang-uedoc, étant venu par hasard à Villeneuve, communiqua au jeune homme le dessein qu'il avait de passer à l'étrang-er, et l'eng-agea à le suivre. C'était prévenir un désir de Court : l'ofFre fut accueillie avec joie. Mais comme ce départ qui ressemblait fort à une fuite, ne pouvait avoir lieu qu'au mois de septembre, il résolut en attendant d'accompag-ner Brunei dans le haut Vivarais.

Il quitta Villeneuve à la Pentecôte; sur sa route, il rencontra des propUtesses qui lui prédirent un brillant avenir et le conjurèrent de ne point aller en Suisse. Une d'elles tombant en extase, s'écria : « L'épée que tu as vue sur le côté de mon serviteur est ma parole qui sera en sa bouche comme une épée à deux tranchants ; cette rosée abondante que tu as ^-ue tomber sur sa tête est la même parole qui habitera plantureusement sur lui ^ » Cette scène fît une profonde impression sur l'esprit de Court. Un jour, dans une de ces mystérieuses assemblées où les assistants pleuraient et priaient à l'envi, dans un moment d'exaltation subite, il prit la parole et prêcha. L'auditoire était peu nombreux, — trente personnes, — et composé exclusi-

1 Son vrai nom était Pierre Clial>rier

2 N" 46, cah. I.

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