L'ACADÉMIE DE GENÈVE
Tels étaient les soins auxquels Antoine Court consacrait son temps et ses loisirs. Ils n'étaient point si absorbants qn'il ne pût dans l'intervalle se livrer à son g-oùt pour l'étude. Son éducation avait été fort nég'lig'ée, il le sentait lui-même, et s'en affligeait. En France, il avait essayé d'y suppléer par la lecture. Parmi les ouvrages qu'il s'était fait envoyer de l'étranger pour l'édification des fidèles, il y en avait beaucoup pour sa ])ropre instruction et celle des proposants. Mais lorsqu'il se trouva à Genève reçu dans l'intimité des Pictet, des Turrétin, lorsqu'il se vit dans cette ville qui passait pour la capitale du protestantisme et pour un foyer de lumières, quêl ne dut pas être sou désir d'apprendre! En 1721, le recteur de l'Académie était Antoine Maurice. A la Faculté de théologie professaient Samuel Turrétin, Bénédict Pictet et cet Alplionse Turrétin, l'illustre représentant des doctrines de l'Ecole de Saumiir, qui avait pris si brillamment possession de la cliaire d'histoire récemment créée. Depuis longtemps l'Académie n'avait jeté un aussi vif éclat. Antoine Court pendant son séjour à (renève fut donc assurédans notre dessein, a été de l'aire connaître d'un côté jusqu'oii les exce-de nos ennemisélaient capatjlesde les j>orter contre les tidèlesqu'on pouvait surprendre occupés des exercices divins, et, de l'autre, la fernielé et la constance que ces fidèles ténaoignaient au milieu de toutes les souffrances auxquelles ils étaient exposés, fermeté et constance qui n'édifiera pas moins les fidèles des siècles à venir, qu'elle affermira dans la véritable foi ceux qui vivent aujourd'hui. » Ailleurs, il ajoutait :
« Au reste l'auteur, étant sans étude eL sans beaucoup d'e.\périeni'f. élevé d'ailleurs dans une province où la langue française est trèséloignée de son élégance et de sa pureté, prie les lecteurs de pardonner la rudesse de son style et son irrégularité, et d'y suppléer par leurs lumières. »