‹ Antoine CourtChapitre 152 sur 251 · L'ACADÉMIE DE GENÈVE · texte numérisé non relu

L'ACADÉMIE DE GENÈVE

meut étudiaut. On ne trouve pas, il est vrai, son nom dans le Livre dîc Hecteur ^^mnin il était permis aux étrang-ers de suivre les cours de l'Académie sans prendi'o d'inscriptions et sans laisser ainsi de traces de leur passage. Le jeune prédicant, préoccupé de g'raves aiïaires, toujours prêt d'ailleurs à partir pour la France, ne put se décider à devenir un des élèves réguliers de l'Académie. Il suivit cependant les cours avec soin, avec la ferme volonté de s'instruire. C'est ce qui expliquerait comment ses correspondants de Suisse lui donnaient dans leurs lettres le titre d'étudiant.

Dès cette époque aussi bien, un grand changement se manifeste dans son style, et ses lettres diffèrent singulièrement des précédentes. Il y a abus d'épithètes, de périphrases, de métaphores. La phrase marche dans une harmonieuse cadence et couverte de fleurs. Ainsi il écrit :

n L'onde bouillante poussée d'un doux zéphire qui environne et qui assiège votre cœur, fait naître dans mon àme de grandes espérances. »

Et encore, à propos de son départ de Genève :

« Qu'il est affligeant do voir par trois fois échouer ses desseins, lorsqu'on était le plus près de les remplir I L'équipage prêt et en bon ordre, la route marquée, les vaisseaux prêts à partir, déjà les voiles enllées, tout cola échoue, tout cela est arrêté. Se p(!ut-il quelque chose de plus accablant! Quelle peut être la source d'un si triste sort? O Dieu, dissipe tous les sombres nuages, apaise la tempête, ramène le calme, [U'oduis la bonassi!, ilissipe les obstacles, et porto sur les ailes du vent de

' V. la belle et savante édition ijii'en a donné récemment M. G Kéviliioil, de Genève.

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