‹ Antoine CourtChapitre 153 sur 251 · S COURT SE PROPOSE D'ÉCRIRE · texte numérisé non relu

S COURT SE PROPOSE D'ÉCRIRE

l;i bonne Providence celui qui gémit et soupire depuis si longtemps dans un port si éloigné de sa chère patrie. »

En même temps, dans ses lettres, il devient plus pi'odig-ue de recommandations; il s'érig'e même en professeur de rhétorique. « Appliquez-vous à lire de bons livres pour la pureté de la lang-ue française, tâchez de rendre vos idées aussi nettes que possible, à bien exposer ensuite vos pensées, toujours avec le moins de paroles que vous pourrez ; les longs discours ennuient ' . » C'est un sujet sur lequel il aime à revenir; il s'y étend avec complaisançe, avec tendresse. On voit qu'il répète ce qu'il vient d'apprendre.

Antoine Court ne dut pas chercher seulement à apprendre la lang'ue et à former son style, il étudia probablement encore les questions théologiques et l'histoire. Il priait ainsi ses amis de France de lire avec soin l'Ecriture sainte, « ce magasin d'où ils pouvaient tirer les armes nécessaires pour combattre l'erreur et le vice. » Il donnait des explications des passag-es bibliques et cherchait avec Pictet à dissiper l'obscurité des mots et des phrases dont le sens lui échappait. L'histoire paraissait surtout le captiver. Il parcourait l'ancienne et la moderne, citait Trajan et commentait de Bèze.

Peut-être cédait-il à ce goût naissant, quand il résolut, se trouvant encore à Genève, d'écrire l'histoire des Eglises de France. Il est vrai que Basnage, charmé par l'ardeur juvénile de cette belle intelligence, l'avait exhorté à recueillir les matériaux nécessaires à ce tra-

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