‹ Antoine CourtChapitre 154 sur 251 · L'HISTOIRE DES ÉGLISES DE FRANCE · texte numérisé non relu

L'HISTOIRE DES ÉGLISES DE FRANCE

vail. Mais la joie qu'il témoigne, en remerciant l'illustre pasteur de ses encouragements, montre qu'ils avaient été adressés à un homme déjà bien disposé :

« Je suis ravi que M. Benoît vivo encore, et qu'il soit dans le dessein de continuer l'histoire de l'Edit de Nantes. Cette nouvelle m'a fait un plaisir inexprimable. A Dieu ne plaise que je le croise dans son projet! Je continuerai cependant, selon votre désir, l'histoire de nos Epçlises et je ne manquerai de profiter des sages et judicieux avis que vous me faites l'honneur de me donner là-dessus »

Dans ce commerce avec des hommes de goût et de savoir, il s'était épris d'amour pour les choses de l'esprit. Peut-être n'était-ce encore qu'un amour un peu vague, mal défini, mais il devait devenir une passion et inspirer toute sa conduite dans la seconde partie de sa vie. En attendant, il écoutait, il étudiait, surtout il rêvait. La gloire de l'historien Benoît l'éblouissait. On disait déjà de lui que sa piété, son zèle et ses lumières « édifiaient » beaucoup, et on ajoutait qu'il avait reçu « de beaux dons pour l'édification des églises -.» Le jeune homme faisait en eff'et pressentir l'homme fait. Genève annonçait Lausanne.

La peste cependant avait cessé de sévir et les nouvelles de France devenaient de plus en plus rassurantes. Les protestants réclamaient leur pasteur. Les oubliait-il ? Ne savait-il point que l'Eglise avait besoin de son activité et de son dévouement ? Il fallut se décider à partir.

On était au milieu de l'année 1722.

» N"?, t. I, p. 334. (1722.) » Ibid., p. 73.

Page 1