COUR EST INVITÉ A REVENIR EN FRANCE
Déjà, d('S la fin de l'année précédente, ses collègues, et Corteiz surtout, l'avaient instamment prié de revenir au milieu d'eux.
« Vous voyez comme je me trouve seul. — Hormis le frère Rouvière, le frère Delcuze, le frère BéLrine, le frère Combes,
les autres ne me donnent pas grand secours Si nous étions
deux, l'un se tiendrait en Cévennes, l'autre en Las Languedoc. Mais il faut avouer que je suis dans un triste état, aussi suis-je le plus souvent pour perdre courage et sur le point de me retirer dans un endroit*. »
Malgré ces prières, il était resté.
«... Los pressantes sollicitations qui m'ont été faites à divers temps et par diiréren'es personnes sur mon retour sont inulUes. Je n'en ai pas besoin pour m'y exciter. Mon inclination naturelle, la passion violente que j'ai pour l'intérêt de nos Eglises et le désir ardent de me consacrer au service de mon Sauveur sont des raisons assez fortes et assez puissantes pour
m'cntraîncr Cependant que les principaux d'entre vous et
des Anciens s'assemblent, et qu'après avoir jeûné et prié, il soit délibéré à la pluralité des voix si je dois partir. Je regarderai votre délibération comme une vocation céleste, que je me ferai un devoir de suivre, dès que vous m'en aurez donné avis, fallùt-il perdre la vie. Car elle ne m'est point précieuse, pourvu que j'achève heureusement ma course^ que je m'acquitte du devoir de ma charge, et que je scelle par mes soulfrances ou de mon sang, si la Providence m'y appelle, les vérités que Dieu m'a fait la grâce de prêcher à son Eglise^. »
Tl n'oubliait pas les religionnaires, mais il croyait mieux servir leurs intérêts en prolongeant son séjour à Genève. Il voulait fortifier entre la France et la Suisse
i N° I, t. Il, p. G34. (1721.) 9N°7, f„ I, p. 221. (1721.)