‹ Antoine CourtChapitre 161 sur 251 · PROGRÈS DU PROTESTANTISME · texte numérisé non relu

PROGRÈS DU PROTESTANTISME

promettaient de n'y plus retomber. Le Synode les réintégra alors dans la paix de l'Eg'lise ' .

Ainsi tontes les difficultés sérieuses étaient résolues, tous les obstacles renversés. Le parti des Lispirés était ruiné, l'ordre régnait, une piété croissante animait les protestants, et la religion proscrite, relevant peu à peu la tête, faisait chaque jour en Languedoc et dans le reste de la France des conquêtes nouvelles.

« Le 12 mars 172i, écrit Corteiz, deux réformés de la paroisse de Vais, en Yivarais, nous furent trouver pour nous exposer que leur paroisse était environnée de paroisses papistes, mais qu'autrefois leur paroisse formait une belle église, qu'elle avait son temple et entretenait son pasteur; mais se trouvant depuis longtemps sans exercice de religion, et les jeunes et les vieux étant corrompus, si vous, Messieurs, nous faisiez la grâce de passer chez nous, vous ne sauriez jamais faire une plus grande charité. Ce raisonnement nous touclia, et nous partîmes ce jour-là avec eux. Etant arrivés audit Vais, ces deux bons lidèles se donnèrent mille soins pour former une assemblée; mais, hélas ! à peine purent-ils trouver quarante personnes de confiance. L'acte de dévotion fini, ils me prièrent de leur donner encore un sermon, que le nombre des auditeurs augmenterait : mais l'expérience nous ayant appris diverses fois que les entrées sont difficiles, nous craignîmes et pour nos personnes et qu'on fit des prisonniers, et nous écrivîmes à nos frères du Yivarais, comme étant plus proches que nous, d'y faire quelques visites. Depuis, nous avons appris avec une grande joie que cette grande paroisse a pris courage et donne lieu aux ministres du Vivarais de les visiter^. »

L'exemple de Vais n'était pas un exemple isolé. Que d'autres villes donnaient en ce moment même de sem-

^ N° 17, vol. H. Relation historique, etc.

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