‹ Antoine CourtChapitre 17 sur 251 · PAIX D'UTRECHT · texte numérisé non relu

PAIX D'UTRECHT

parce qu'ils pensaient qu'elle serait l'occasion de inesui"es plus douces à leur ég'ard, avait déçu toutes leurs espérances. On avait rendu à la liberté quelques forçats ; mais les édits et les déclarations royales subsistaient, comme par le passé, dans toute leur sévérité \ L'irritation fut g-rande. Prophètes et propliétesses éclatèrent en menaces contre les prêtres catholiques; et Court reçut l'ordre d'aller sur les places publiques prêcher la pénitence et reprocher aux ecclésiastiques

' C'est le marquis de Rocliegude (Sur le marquis de Rocliegude V. 11° 48, 11° 2) qui s'était chargé de représenter les intérêts des protestants devant les plénipotentiaires. Déjà, en 1712, à Ulrecht, le marquis avait défendu ses coreligionnaires : « Vos Excellences savent de quoi il s'agit, savoir de procurer l'élargissement des confesseurs sur les galères, dans les prisons et ailleurs, comme aussi la liberté d'une infinité de nos frères en France qui gémissent sous l'oppression du papisme : deux ordres de personnes qu'on ne saurait séparer, car si l'on délivre les galériens sans délivrer les autres, les galères seront bientôt remplies de Réformés sous de vains prétextes de contravention. Voici la contravention : vouloir sortir du royaume pour éviter la persécution, n'aller point à la messe, empêcher ses enfants d'y aller, les refusera un prêtre pour les instruire, c'est ce qu'on appelle contrevenir aux ordres du Roi, et c'est aussi sur cela qu'on renouvelle, aujourd'hui plus que jamais, la persécution en France. Cela paraît par la lettre circulaire du Roi aux Intendants des Provinces, Que ne feront-ils pas après la paix, si l'on ne prévient ces persécutions par le rétablissement de la religion en France! — Le roi objecte que cela ne vous regarde pas et qu'il est maître chez lui. C'est faux. La religion unit tous les protestants eu un corps.... » (N° 17, vol. N, p. 122, 26 avril 1712.) En 1713, ses paroles n'ayant éveillé aucun écho, Rochegude passa en Angleterre. Il remit un long mémoire à la reine, la priant au nom de ses frères sous la croix de ne point les abandonner, mais de prendre leurs intérêts, comme jadis la reine Elisabeth. (N" 17, vol. N, p. 126.) La reine promit son concours et la paix se signa. Cent trente-six galériens furent mis en liberté. « Mais, monseigneur, dit le marquis h l'ambassadeur de France, le duc d'Aumont, on a oublié le plus grand nombre. » Alors le duc : « Il faut bien commencer par un liout. » (X" 13, t. V, p. 11.) Ce fut le seul résultat des négociations.

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