IL SE CONSACRE AU MINISTÈRE
la part qu'ils avaient dans les rig-uenrs roj^ales. Il n'obéit pas, il est vrai, en tout point. Il se contenta d'envoyer à plusieurs curés et au g'ouverneur du Lang-uedoc des lettres assez vives où perçait la menace. Il leur disait qu'ils ne devaient plus solliciter la persécution contre des innocents, qu'ils se rendaient coupables en se faisant les ministres et les exécuteurs des ordres de la cour, et qu'il était à craindre que la patience des protestants trop long-temps et trop cruellement opprimés ne finît par se lasser. Ses lettres ne produisirent aucun effet. L'effervescence se calma peu à peu, tout rentra dans l'ordre, et l'on n'attendit plus que du temps et de l'immuable justice un remède à tant de maux'.
Tel fut le premier acte de la vie publique de Court. L'enfant devenait homme. Il réunit encore quelques assemblées, puis il revint à Villeneuve de Berg'. Il allait annoncer à sa mère la résolution qu'il avait prise d'être prédicant.
« Ma mère m'aimait tendrement. J'étais le seul fils qui lui restait, et depuis la mort de mon père, elle avait fondé ses espérances sur moi. Mais elle aimait la religion, elle la connaissait et la pratiquait encore mieux; elle avait un véritable attachement pour elle. Aussi ne put elle apprendre ma résolution, sans en être émue. Elle prévoyait tous les dangers auxquels je m' allais exposer, elle se voyait pour toujours privée d'un fils qu'elle aimait plus qu'elle-même; mais elle rélléchissait sur le bonheur qu'il y avait pour moi d'être un instrument dans la main du Seigneur pour instruction et la consolation de son Eglise affligée, et sur les avantages que cette Eglise, pour laquelle elle s'intéressait chèrement, pourrait recueillir un jour de mon ministère. Ainsi son amour pour moi et son attache-
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