DUPLAN EST NOMMÉ DÉPUTÉ GÉNÉRAL
celle des réfug-iés, des hommes pieux et des princes de tous pays, afin qu'ils secourussent de leur arg-ent ceux qu'ils avaient refusé de secourir de leur parole. Plus d'appel au dévouement et au martyre ; appel à la piété et à la charité. Dans la suite, lorsqu'une somme suffisante serait réunie, il chercherait, parmi les rudes et austères paysans qu'il connaissait, de jeunes hommes de talent que le martyre n'effrayerait pas, et il les enverrait dans une académie étrangère pour les initier aux connaissances exig-ées par le ministère ' .
Antoine Court s'ouvrit de son dessein au Synode de 1724. La proposition parut excellente, mais la personne de Duplan déplaisait : on avait encore en su.spicion ses sentiments à l'égard des Inspirés ^. Quelques mois s'écoulèrent en négociations. Enfin, en 1725, l'entente s'établit. « Le Synode, écrivait Court à Duplan, se tiendra, s'il plaît au Seig"neur, après les fêtes de Pâques; vous serez nommé par lui député général des églises du Languedoc vers les Puissances protestantes. J'ai déjà le suffrage d'un colloque pour cela. Dieu veuille rendre votre députation efficace » Le Synode s'ouvrit le P' mai 1725. Parmi les assistants, se trouvaient trois députés choisis par les membres du Synode précédent tenu dans les Cévennes, et deux députés envoyés par chaque église du bas Languedoc. Court, prenant la parole, montra la nécessité de se faire représenter auprès des cours étrangères, et, sa proposition
' On se rappelle qu'il avait déjîi été question de ce projet pendant son séjour à Genève. V. cliap. vn, p. 220. s N» 5, n" XI.
3 N»7, t. II, p. 135. (Mars 1725.)
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faite, comme on ne faisait ancune objection, il invita l'assemblée à choisir un homme capable de remplir cette fonction importante. L'assemblée, sans hésiter, arrêta son choix sur le jeune prédicant. Sa surprise fut extrême. Quoi! Lui revêtu de cette chargée! Mais les pasteurs n'étaient -ils pas assez rares? Fallait -il encore en diminuer le nombre? Court se hâta de décliner cet honneur, et, faisant l'élog-e de son ami, il le proposa aux suffrages du Synode. Les assistants, bien qu'indécis, finirent par se rang-er à l'avis de leur modérateur et se décidèrent à nommer Duplan
Quelles étaient les attributions du député g-énéral ? Court déclara dans son discours au Synode qu'elles consisteraient à implorer la protection des Puissances en faveur des ég'Hses, et à les solliciter d'agir auprès de Louis XV pour obtenir la révocation des édits ^. Elles étaient donc plus étendues que dans le premier projet. A vrai dire cependant, le député avait surtout pour mission de demander des secours pécuniaires. C'était un quêteur qui devait aller collecter l'argent nécessaire pour combattre le découragement par la prédication, l'ignorance par le livre, la misère par l'aumône. En réalité même, il ne devait demander des secours que pour la prédication. Réunir un fonds assez considérable pour fonder un séminaire, tel était le but immédiat de sa mission*.
Pour lui, il eut droit à cinquante pistoles; c'est le traitement que lui alloua le Synode. Il fallait qu'avec
»N" 7, t. n. p. IGl. (Mars 1725.) — V. aussi n» 37. p. 12.
« Ilnd.