CABALE CONTRE DUPLAN
en quelques mois son éducation. Quant aux frais de son entretien, — frais bien petits, — ce fut sans doute Duplan qui les paya directement, avec le produit des collectes qu'il venait de faire.
Rien n'était encore précisé, fixé, arrêté. Il n'y avait ni comité org-anisé, ni fonds, ni règ-lements. Ce n'était point le séminaire qu'Antoine Court avait rêvé d'établir, et qui devait s'élever plus tard. C'en était à peine l'ébauche.
En France cependant, les protestants attaquaient leur député; une cabale même se formait contre lui. Le bruit avait couru que Duplan fréquentait les Inspirés de Genève, et on l'avait appris avec un vif mécontentement. Court en écrivit à son ami :
« Si vous n'observez mieux votre conduite sur l'article en question et si vous négligez de pratiquer ce que je viens de vous dire, vous vous mettrez hors d'état de remplir vos engagements et vos promesses ; vous rendrez par cela même votre zèle infructueux et inutile. Quelle conséquence ! Elle est pourtant naturelle, puisqu'il est certain que vous perdrez la confiance qu'on a sur vous, que vous forcez en quelque sorte l'Eglise de retirer l'auguste emploi qu'elle vous donne et que vous perdez le crédit que vous auriez pu acquérir chez l'étranger, crédit qui est pourtant si nécessaire et si important à l'exécution des desseins dont vous êtes chargé »
Duplan répondit aussitôt, mais d'une manière évasive, qui justifiait les craintes. Les colères s'accrui'ent. Duplan surpris par cette oppositioii envoya au Synode de 1726 une lettre qu'avaient sig-née les pasteurs de
1 N" 7, I. II, 11, 211. (Noveml)i'e 1725.)