CABALE CONTRE DUPLAN
Genève et qui témoignait de la pureté de sa vie et de .ses sentiments ; Court présenta en même temps sa défense. Les murmures cessèrent momentanément. Mais, bientôt, on prétendit que les attestations soumises au Synode étaient fausses, qu'aucun pasteur ne les avait sig'uées. Corteiz, avec deux proposants, — le triolet^ suivant le mot de Court, — résolut de faire retirer par les protestants les lettres de créance qu'ils avaient données à leur député. Un Synode s'étant réuni en 1727, il présenta plusieurs délibérations prises en différents colloques et réclama la déposition de Duplan. La séance fut vive. Court, prié une seconde fois d'accepter la charge de député général « pour le bien de la paix, » refusa énergiquement d'accéder à cette piière*. Il s'indigna, tint un long discours où il vanta les services de Duplan, et déclara qu'il abandonnerait son ministère, si l'assemblée ne maintenait pas dans ses fonctions le député qu'elle avait récemment élu Le Synode s'inclina devant cette ferme attitude, et la proposition de Corteiz fut rejetée. L'irritation des esprits cependant n'était pas encore calmée. Quoique Duplan eût écrit qu'il « consentait pour l'amour de la paix à ne plus se trouver dans les assemblées des Inspirés et même à fuir leur commerce, autant que la charité le pouvait permettre, » — le trioleû était encore debout, s'agitait, recrutait des partisans, et préparait une nouvelle campagne. Court résolut de terminer définitivement cette affaire. Un Synode national fut convoqué dans le Dauphiné vers la fin de cette même
• N" 37, p. 12. Mcniuire aux arbitres. 2 N" 7, (. III, 1). 23;l (1727 )
NOUVEAUX SUCCÈS Dii DUPLAN
année, et là, solennellement, les membres de iMssemblée confirmèrent Duplan dans sa cliarg-e ' .
Antoine Court désirait d'autant plus apaiser cette querelle, que Duplan rendait en ce moment au protestantisme de plus importants services. Il l'avait déjà dit: « On ne pouvait rien trouver dans la conduite de son ami qui méritât l'affront qu'on lui voulait faire; tout méritait des louanges. » Duplan en effet ne s'était point laissé rebuter par les obstacles. Bien que Genève se fut montrée peu libérale et que la Suisse ne lui eût accordé que quelques petits présents, il ne s'était point lassé de frapper aux portes, d'envoyer des suppliques, de demander des secours. « J'ai porté, disait-il, la charrue sur des terres en friche, ou peu s'en faut. Il y a des pierres et des ronces qu'il faut ôter et arracher, avant (pie de se flatter de recueillir des fruits ^. » Les fruits, pour continuer la comparaison, ne tardèrent pas à mûrir. Quelques mois après, en 1727, tandis qu'en France de vifs débats s'engageaient sur sa personne, il obtint de quelques amis la promesse d'entretenir deux proposants, à leurs frais, dans la ville de Lausanne, jusqu'au jour où ces derniers seraient consacrés pasteurs Ces amis demandaient peu de
1 K" 5, u" XI. L'affaire y est tout au long exposée, 2N» 12, p. 167. (Janvier 1727 ) 8 Jbid., p. 173. (Mars 1727.)
«... Au mois de mars 1727, dit Court (N° 7, t. IX, p. 204), de nouvelles sollicitations obtinrent de plus grands secours ; il y en eut d'assez suffisants pour fournir à l'entretien de deux étudiants. » Et ailleurs : « . . , Cette communion eut tout l'effet que l'on pouvait en espérer, puisque par les soins infatigables du député et la libéralité de divers souverains et députés, l'on eut, dès l'an 1727, de quoi fournir ?i l'entretien de deux jeunes ])roposan(s hors du royaume... »