NOUVELLES COURSES
ment pour la religion lui firent éprouver tour à tour ce qu'ils peuvent sur un cœur d'une mère tendre et d'une chrétienne véritablement zélée. Que de choses touchantes ne me dit-elle pas ! Que de larmes ne vcrsa-t-cUe pas ! Mais pour la résoudre d'autant plus à approuver le parti que je venais do prendre, et pour m'y afl'ermir moi-même davantage, je voulus prêcher devant elle et prendre pour texte ces paroles de l'Evangile : Quiconque aime père et mère plus que moi, n'est pas digne de moi. Tout ce que je dis sur ce beau texte, si propre à nous apprendre comljien l'amour de Dieu doit l'emporter sur celui des créatures, toucha sensiljlement ma chère mère. Elle ne me vit plus que comme une victime qu'elle consacra, comme un autre Abraham, aux volontés divines »
Lorsqu'il eut triomphé des craintes maternelles, Court re.stapeu de temps à Villeneuve. Désireux de'connaître exactement l'état des réformés, il abandonna son projet d'aller en Suisse et descendit vers le bas Lang"uedoc. Il passa par TJzès et vint à Nîmes où il rencontra un autre prédicant, nommé Jean Vesson. De là, il retourna dans le Vivarais par Vais et les Boutières, convoquant des assemblées et prêchant ^
Le succès de cette rapide excursion le détermina à visiter le Dauphiné. Il le parcourut avec Brunei, le sac sur le dos, toujours sous le coup d'une surprise, évitant les soldats, les espions et les bourg-eois, malg-ré tout plein d'ardeur, de courage et de zèle. Du Dauphiné, il se dirigea vers Marseille où sur les galères royales se trouvaient alors cent cinquante confesseurs. Il pénétra dans ces horribles prisons flottantes, et dans une cham-
1 N" 46, cah. I,
2 Janvier 1714.