AMIS ET BIENFAITEURS
réserve de quelques petits secours des particuliers qui out une véritable piété, nous ne devons pas nous appuj^er sur les Puissances protestantes. Ce sont des roseaux cassés (|ui nous perceraient les mains, à moins (jue Dieu ne les anime d'un nouveau zèle'. »
Il se borna donc, en attendant des jours meilleurs, à solliciter les dons des g-ouvernements et des principaux personnag'es de la Suisse. Berne ^ qui, à l'époque de la Révocation, avait offei't une si larg-e hospitalité aux réfugiés, Zurich, Lausanne, se firent remarquer par leur générosité. Elles aug-mentèrent les petits revenus dont on jouissait déjà, et même, en certaines occasions, elles accordèrent des secours soit à des misères pressantes, soit à de grandes infortunes. LL. EE. de Berne firent ainsi sur les sollicitations de Duplan, une pension à vie à un nommé Martel ". Quelque temps après, comme les églises étaient trop pauvres pour payer leurs pasteurs, deux cents livres furent recueillies et envoyées en France^. Les revenus pour l'entretien des proposants s'accrurent aussi et l'on put enfin recevoir à Lausanne un certain nombre d'étudiants. « Les années suivantes, dit Court, furent plus fructueuses ^. » De 1725 à 1730, le Dauphiné, le Languedoc et les Cévennes envoyèrent en Suisse six proposants ^.
Un comité, composé de personnes « hors de tout
< \" 12 (Décemlire 1728.) 2 N» 12, p. 200. (1728.) ^ Ibid , p. 243. (1729.)
* N" 8. — En 1728, il obtint 1!»UU livres de Berne.
— — — 776 — lie ScbalTouze.
— ~ — 880 — de Zurich.
— - — 500 — de BîUe.
X° 12, 1). 2.5.J. (172it t
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soupçon d'imprudence et d'infidélité, » fut en outro définitivement établi. Il eut mission, non-seulement de recevoir et de répartir les sommes reçues, mais encore de surveiller à Lausanne les études des jeunes g-ens qui s'y trouvaient. C'est en son nom ainsi que le pasteur Vial, un de ses membres probablement, invita les ég'lises de France à accorder deux années pour l'éducation de leurs étudiants, disant au surplus que « les amis et bienfaiteurs » l'exig-eaient ' .
Duplan cependant courait la Suisse en tous sens et sans se lasser. 11 ne se contentait plus de demander des secours pour l'entretien des étudiants, il en demandait encore pour l'achat de livres, pour les g-alériens, pour toutes les victimes de la persécution. Il appelait cela « son négoce. » Tout d'ailleurs se faisait dans le plus grand secret ; les églises de France n'étaient pas même informées des négociations et des démarches dont elles étaient l'objet. Un jour, elles s'adressèrent à leur député et le prièrent de les instruire du résultat de ses travaux et du nom de leurs bienfaiteurs. Duplan répondit aussitôt : « Il n'est ni juste, ni possible, ni convenable que je «vous rende compte de ce qui est donné. Comme c'est ici une affaire de charité, on doit être satisfait que les choses soient bien administrées, sans savoir d'où elles viennent et à quoi elles se montent ^. » Le mystère enveloppait cette œuvre.
1 N° I, t. , p. 292. (1729.) — Le Synode national de 1730 prit Ih mesure suivante : « Sur la demande qui a été faite, si ou devait limiter un temps aux prédicateurs qui vont étudier dans les académies étrangères protestantes, il a été répondu qu'on laissera la chose à la ])rudence de MM. nos amis des pays étrangers, n Recueil de Synodes, etc.