‹ Antoine CourtChapitre 186 sur 251 · DAUPHINÉ ET LANGUEDOC · texte numérisé non relu

DAUPHINÉ ET LANGUEDOC

un fait qui a .sa valeur. Antoine Court avait souhaité que, pour sceller solennellement leur union, les Synodes et les pasteurs des deux provinces signassent le formulaire que les pasteurs français avaient l'habitude de sig-ner avant la Révocation. Rog-er s'y opposa. Soit que le bruit des disputes que le Consensus occasionnait en ce moment en Suisse fut parvenu à ses oreilles, soit qu'il cédât à un noble sentiment de libéralisme, il prétendit qu'un pareil acte pourrai! avoir de dangereuses conséquences pour l'union des protestants. Mais Antoine Court :

<i .le ne dis pas qu'il n'y ait Inen des choses dans cette discipline que le temps et les circonstances ont rendues inutiles ou impraticables... Mais tout ce qui concerne la classe intéressante dont j'ai parlé doit être reçu à pratique. D'ailleurs, le formulaire ne s'arrête point à la discipline, il s'étend jusqu'aux dogmes qui doivent être crus. Je sais bien qu'on ne commande pas la foi, mais je sais aussi qu'il est d'une dangereuse conséquence que ceux qui enseignent ne sentent pas une même chose du Seigneur, et qu'il faut, autant qu'on le \)om, éviter do recevoir dans le ministère ceux qui sentent mal on la foi. Si on a des sentiments purs et orthodoxes, on ne doit point se faire de la peine à signer une confession de foi qui a j)assé jusqu'ici pour être orthodoxe et qui a été signée pa-r les plus célèbres compagnies qu'il y ait eu ]iout-êtro depuis le temps dos apôtres »

Rog'er, peu convaincu par ces arguments, resta inébranlable, et le formulaire ne fut pas signé. Cette opposition cependant, il faut le remarquer, n'excita ni luttes ni dissensions. Il ne s'agissait plus en effet de

1 N» 7, t. II, p. 281. (Juillof 1725.)

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