DISCUSSIONS AVEC GAUBERT
Cette dernière mesure ne fut pourtant pas appliquée sans difficulté. Les prédicants se voyaient avec peine soumis à la décision arbitraire des Synodes. L'oblig'ation de quitter, deux fois par an, leur quartier leur était à cliarg-e. Les uns trouvaient les quartiers assig'nés trop peu importants, et y croyaient leur talent déplacé*; les autres, avec plus de raison, prétendaient qu'on avilissait par là leur ministère dont la liberté seule faisait la g-randeur ^. Le proposant Gaubert refusa d'obéir aux ordres du Synode. Il s'ensuivit une polémique avec Court, et ce fut une occasion offerte à ce dernier de placer la question s\u" son véritable terrain :
« Les vues qu'on s'est proposé en établissant cet article ont été doubles. La première, afin que toutes les églises fussent visitées exactement, et que chacune eût tour à tour les prédications nécessaires, ce qu'elles n'avaient point avant l'établissement de cet arlicle; les prédicateurs, se trouvant presque toun à la fois dans un môme endroit ou se plaisant plus dans quelqu'un, négligeaient absolument les autres. L'autre raison, qu'on a eue en vue, a été que toutes les églises eussent part aux grâces et aux talents qu'il a plu à Dieu de départir à ses serviteurs. Les talents pouvant être plus ou moins considérables selon la divine grâce de Dieu, l'édification de l'Eglise s'en trouve aussi plus ou moins grande, et chacune d'elle.'? peut et doit souhaiter d'en être participante. Ces vues me paraissent nobles et n'ont rien, selon moi, de condamnable. Ajoutez que le ministère peut acquérir par ce changement plus de poids et d'efficace, les choses perdant de leur goût pour être trop communes, les peuples se famdiarisant trop avec les prédicateurs pour les avoir vus et fréquentés longtemps, — familiarité qui est d'un grand préjudice au ministère, les exhortations et les censures
i N"?, t. II, p. 475.
« Ihid., p. 231.