‹ Antoine CourtChapitre 192 sur 251 · LA SITI AÏION EN · texte numérisé non relu

LA SITI AÏION EN

fait accompli, la piété des relig"ioiiiuiires était entretenue par de quotidiennes exhortations, leur charité venait enfin d'être mise à l'épreuve. Court avait terminé le mémoire qu'il s'était chargé d'écrire « sur l'établissement d'une bourse publique pour l'entretien du ministère, des pauvres, des prisonniers et d'un député dans les pays étrangers. » Une collecte avait été faite, et les résultats avaient heureusement trompé ses appréhensions ' .

« Le zèle [laniii nous ne se dément pas, écrivait Antoine Court au retour d'un voyage fait, en 1726, dans la province; il semble, au contraire, à tous moments brûler de nouvelles flammes... J'ai administré dans toutes les églises la sainte Cène; le nombre des communiants y a été considérable, dans quelques-unes il a monté au delà de mille. Partie de ces assemblées ont été faites de jour et les autres de nuit: presque dans toutes, on y a vu paraître des personnes de marque et dont le zèle, après avoir été longtemps endormi, se réveille'... Dans le cours de ma visite, j'ai béni quelques mariages et baptisé quelques enfants »

II faut ajouter, pour compléter le tableau, que le petit corps des prédicants venait de faire deux nouvelles recrues : c'était Maroger, originaire de Nîmes ''.

' iN" 7, t. II, 11. 405.

» Ce zèle parmi 'ses personnes « de marque » était-il le résultat d'uno lettre récente que Court avait écrite : « ... J'en ai une autre (lettre) contre la noblesse et les gens riches. . qui n'assistent pas aux assemblées... Je sais que les résolutions vigoureuses ne sont pas approuvées de tout le monde; mais je sais aussi que, lorsqu'elles ne s'éloignent pas d'une prudence l)ien entendue, elles sont d'un grand usage. >> N" 7, t. III, p. 50. (1726,j

3 N" 7, t. II, p. 385. (Avril 1126.)

^ « A mon retour de Montpellier (1724), dit Cortei/,, M. Maroger, natif de Nîmes, nous vint trouver pour nous déclarer qu'il voulait se

AVÉiNEMENT DE FLEURY AU MINISTÈRE • 305

et Claris, de Lézaii, dans le diocèse d'Alais. Ces deux jeunes hommes avaient sollicité du Synode la permission de prêcher sous la croix, au lendemain même de la Déclaration.

La situation ne s'était pas sensiblement ag-g'ravée. Une assemblée avait été surprise à Alais et les soldats avaient fait quelques prisonniers. C'était tout.

Il semblait que l'attention de la cour, occupée par les questions politiques et le mariage de Louis XV, se fût détournée de la question religieuse

Mais, en 1726, le duc de Bourbon fut exilé, et Fleury devint officiellement premier ministi'e. Quelque temps après, l'évèque de Fréjus, arrivant au comble des honneurs, fut préconisé à Rome dans un consistoire et nommé cardinal. Dès lors, tout chang-ea.

Duplan, (jui par ses relations en Suisse était informé de ce qui se tramait à Paris, avait prévenu Antoine Coiu't. « L'évêque de Fréjus, lui disait-il, depuis son

consacrer au service de TEglise sous la croix. Je l'exhortai d'augmenter ses lumières pour être en état de soutenir un examen de la part de MM. les ministres, proposants et Anciens; je lui démontrai les peines, fatig'ues, duretés, mépris, et enfin le martyre auquel il fallait s'exposer eu embrassant ce parti. Il me répondit qu'il avait réfléclii sur toutes ces choses, mais qu'il sentait en lui un courage qui ne ()0uvait venir que de Dieu ; ce qui nous donna à croire qu'il était appelé de Dieu. Quelque temps après, il vint rester quelques mois avec moi; sa piété, son zèle, sa mémoire et sa grande l'acilité h s'énoncer dans les sermons, nous fit un vérita))!o plaisir; ensuite il fut reçu dans le corps des proposants. » N" 17, vol. H. Relation historique, etc.

' Au désespoir des évèques. V. la curieuse correspondance de de Brou il Mellicr. Histoire den E(/li>>ei rU Bretagne, etc., p. 228. (Octobre 172-1.)

Page 1