‹ Antoine CourtChapitre 193 sur 251 · MÉMOIRE DE L'ABBÉ ROBERT · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DE L'ABBÉ ROBERT

élévation au cardinalat, n'attend ({ue d'avoir rég'lé seri intérêts avec quelques puissances « pour abolir le nom des protestants en France. » C'est une créature des jésuites. Il a demandé la fameuse Déclaration de 1724, et il va la faire exécuter. Veillez ! »

Duplan ne se trompait pas. A peine Fleury était-il revenu au pouvoir que le clerg-é, qui connaissait ses sentiments intimes et le reg-ardait volontiers comme « son cliampion, » suivant le mot de Maleslierbes, l'accablait de ses demandes, de ses mémoires, de ses prières, et le suppliait de prendre enfin des mesures énergiques contre le protestantisme. On possède la lettre et le mémoire d'un abbé Robert, prévôt de l'ég'lise cathédrale de Nîmes, liomme, paraît-il, modéré et prudent; le document est curieux.

« Le non usage de leur religion, pendant quarante ans, n'en a point détaché (les religionnaires) ; les pères et mères l'impriment dans le cœurde leurs enfants, etn'ontpas de peine à détruire en eux les premières teintures qu'on tâche de leur donner dans leur éducation. Plusieurs, même de ceux qui avaient été dociles à Dieu et goûté le don céleste, se sont retirés de la foi qu'ils avaient reçue, et ont été d'un exemple très-pernicieux à ceux qu'on travaillait à faire rentrer dans le sein de l'Eglise; ils ont même entraîné des catholiques dans l'erreur. Ils ne sont plus intimidés par les ordres qui émanent de l'autorité royale. Comme ils sont sans effet, ils n'en font aucun sur leur esprit; ils les regardent comme des coujis de foudre qui s'évanouissent avec leur bruit, et, n'en étant })oint intimidés, ils ne deviennent que plus opiniâtres. Aussi doit-on se persuader qu'il n'y a pas moins de calvinistes en France qu'avant la conversion générale.

n II est douloureux qu'un si grand œuvre n'ait eu aucun fruit général et qu'on puisse dire qu'il est plus reculé qu'avancé; la cour parait même l'avoir perdu de vue et n'a montré

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