‹ Antoine CourtChapitre 194 sur 251 · MÉMOIRE DE L'ABBÉ ROBERT · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DE L'ABBÉ ROBERT

ses intentions que par tles actes do loin en loin qui, quoi([ue publiés dans tout le royaume, n'ont eu aucune force et sont do nul eiïet. Tout ce qu'a jiroduit jusqu'à présent la prétendue conversion générale, n'a été que d'oter à une partie dos sujets du Roi tout exercice réglé dans leur religion, presque tout sentiment de véritable christianisme, et que do les mettre en occasion de tomber d'une apostasie dans une autre, et de lorcer les ministres du Seigneur à une profanation continuelle des sacrements de l'Eglise *. »

Et il indiquait les moyen.s propre.'^, .selon lui, à remédier à ce « pitoyable état de la religion. » Fleury tenait l'abbé Robert en liante considération; plus d'une fois il lui empru-nta ses vues, et il adopta même plus tard sou projet sur la question des mariages ; il n'est donc pas inutile d'indiquer les moyens que l'abbé proposait. Ce dernier avouait volontiers, quoiqu'il n'approuvât pas com})létement la conduite de Louis XIV, que, « si les hommes se roidissent quelque temps contre l'autorité, à la fin ils se rendent. » Tout son système se réduisait précisément à un mélange de tolérance et de sévérité. Il fallait, disait-il : 1° Faire composer un livre clair, substantiel, métliodique, qui serait un résumé des choses de la foi et qu'on appellerait le « Livre de la religion, » puis, le distribuer dans tout le royaume; 2" Maintenir l'interdiction de tout exercice du protestantisme ^ ; 3" Former et placer dans les paroisses des

• N" 17, vol. II, p. 051. (Novembre 1726.) V. aussi Bibliotlit^que nationale, Mss. n" 7046, p. ."58. Mémoire sur les moyens que l'on doit mettre en usage pour convertir 'les protestants.

* Il serait k souhaiter, ajoutait-il, qu'il fût possible de purger les villes et les campagnes de ces zélés brouillons et de ces fameux harangueurs qui croient devoir être en droit de faire les fonctions de ministres et qui se font écouter comme des oracles, quoiqu'ils n'aien''. pas même les preuves de leur religion.

MÉMOIRE Di: L ABBÉ ROBERT

ou^Tiers évangéliques dignes de leur nom et de leur charg-e ; 4° Créer des écoles, choisir des maîtres avec soin, et obliger les religionnaires à leur confier leurs entants ; 5" Interdire aux protestants toutes les charges publiques; 6" Leur défendre d'émigrer ou de rentrer en France. Enfin sur la question des mariag'es :

'< Les pères et mères, ajoutait-il, n'ayant d'autres vues que leur établissement, consentent au dehors qu'ils satisfassent aux épreuves qu'on leur demande, et ces jeunes personnes s'y livrent avec plaisir, poussés par des motifs purement temporels. 11 n'y a nulle uniformité dans ces épreuves : elles sont arbitraires à MM. les évêques. Les uns les exigent de quatre mois, d'autres de six, et d'autres d'un an : on les oblige d'aller à la messe les fêtes et les dimanches. Il y a même des paroisses où les curés, qui en ont le catalogue, les appellent par leur nom, comme des écoliers dans une classe, ce qui semble intéresser la dignité de la religion et la décence du service divin.

'< Et comme ils veulent venir à leur fin, ils y sont assez réguliers, et, le temps de l'épreuve fini, on les marie en face de l'Eglise, de sorte qu'après avoir professé le sacrement qui les unit ensemble, ils sont également enracinés dans leurs premières erreurs, et ils ne font plus aucunes fonctions de catholiques. — Ce qui est si infaillible, qu'à peine, depuis quarante ans, en a-t-on vu qui ayent été fidèles aux promesses solennelles qu'on avait exigées d'eux avant leur mariage : ce qui est une désolation pour les ministres qui les reçoivent aux sacrements, pour peu qu'ils aient de zèle et qu'ils soient prévenus de la sainteté de leur ministèi'e. »

Pour faire cesser ce scandale, il conseillait d'établir deux sortes de mariag'es : l'un, pour les catholiques, avec les termes : Ego tos in niatrimonium conjicngo innomine Patns^et Filii, et Spiritns Sancti et qu'on regarderait comme sacrement; l'autre, pour les pro-

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