J10 ÉCOLES, AMENDES
Bientôt furent prescrites de nouvelles mesures. La cour ordonna d'ouvrir des écoles dans chaque communauté. Les maîtres et les maîtresses furent obligés de dresser une liste de tous les enfants des nouveaux convertis, âgés de sept à quatorze ans ; le curé et les évèques furent priés d'en vérifier l'exactitude. Pour les protestants, ils durent envoyer leurs fils et leurs filles dans les écoles. S'ils n'obéissaient pas, ils paj'aient. Corteiz rencontra dans une de ses courses un homme qui se lamentait ; il avait plusieurs enfants, ceux-ci ne voulaient point, après l'école, aller à la messe, et on l'accablait d'amendes, — amendes peu élevées d'ailleurs, mais prélevées méthodiquement, avec persévérance. Sur cette matière, les ordres étaient précis, et les juges chargés de les faire exécuter étaient suspendus de leurs fonctions, s'ils y mettaient quelque négligence ' .
Cependant , quoique fréquemment surprises , les assemblées se réunissaient toujours. Les galères, la prison, le gibet... sinistre perspective! mais qui n'effrayait pas. On eut de nouveau recours aux amendes. Le Languedoc, en 1728, fut par un ordre de la cour divisé en cent cinquante-six arrondissements. Chaque arrondissement comprenait un certain nombre de communautés. Cela fait, on décréta que les nouveaux convertis, habitant dans l'étendue d'un arrondissement, seraient responsables des assem})lées qui s'y pourraient tenir, qu'ils seraient condamnés sans forme de procès à des amendes arbitraires et aux frais des procédures, qu'ils seraient enfin astreints, en cas de récidive, à con-
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