‹ Antoine CourtChapitre 198 sur 251 · COURSES DANS LE LANGUEDOC · texte numérisé non relu

COURSES DANS LE LANGUEDOC

qu'elles reg'ardeiit les coi'jjs et les biens, ne sont pas assez efficaces pour détourner un peuple convaincu de l'excellence et de la nécessité de ses devoirs envers Dieu ' . » Et ailleurs, parlant de la mort de Roussel : « Vous avez raison de vous persuader que la mort édifiante de notre cher frère M. Roussel n'aura point intimidé nos autres frères qui prêchent sous la croix. J'en ai vu quelqu'un, et pendant la prison, et depuis la mort de ce martyr, qui nous parut toujours avoir le même zèle et le même conrag-e. Je n'ai aucun lieu de croire qu'il n'en soit de même des autres. Ils ag-issent tous pour une bonne cause et sont tous persuadés qu'il y a une Providence qui veille sur les événements, et qu'il n'en arrive aucun, que ceux qui en sont les objets n'en recueillent de g-rands avantag'es »

Une telle attitude autorisait la confiance et l'espoir. On pouvait voir se dérouler, sans trop d'appréhensions, la suite des événements, et poursuivre l'œuvre commencée en 1715.

Les prédicants continuèrent de courir le Languedoc. Antoine Court consacra les premiers mois de 1727 à battre une partie de la province. Il visita successivement les Garrig-ues, Foissac, Lédig-nan, Boucoiran, Saint- Geniès, Nîmes, la Calmette, Lunel, Marsillargues, Calvisson , Nag'es , Sommières, Anduze, Lasalle, Saint- Jean-du-Gard. « Notre temple dans ce jour, dit-il, fut un enfoncement entre des montag-ues. Pour nous y rendre, nous fumes obligés de traverser un demi pan de neig-e. » Il se rendit encuro à Durfort, Manoblet,

' V. Pièces et documents n" XXI « N"?. t. III, p. m. fl729.)

■.ne, (OURSES DANS LK LANGUEDOC

Saint-Hippolyle, Milhaud, Caveirac, Verg'éze, Beauvoisin'... Corteiz, de son côté, parcourait les é^'lises des Cévennes et du haut Lang'uedoc.

« Le 29 juin 1727, ayant prié les Anciens de la montagne de la Lusette, ou du moins de la paroisse de Mandagout (les plus proches de cette montagne) de convoquer l'assemblée à une jiiaco ([ui favorisât les réformés des paroisses et villes du Vigan, do Moiières, de Bréau, d'Aulas, de Mcndagout et de Valleraugu(^, — comme il fut un beau jour de dimanche, l'assemblée était fort nombreuse. Quelques messieurs soutenaient qu'elle passait, deux mille âmes. M. Court, les ministres Bombonnoux et Roussel s'y rendirent. 11 se trouva aussi dans cette assemblée des fidèles de Saint-Jean-du-Bruel et de Cornus, environ sept lieues de la place de l'assemblée.

" Après avoir embrassé les frères MM. Court, Bombonnoux et Roussel, je m'en fus avec ceux de Saint-Jean-du-Bruel, et ;iprès avoir annoncé la bonne Parole de Dieu à Saint-Jean, je me rendis à Cornus, ensuite à Saint-Affrique. Après avoir exposé la pi'édication de l'Evangile dans ces endroits, je serais volontiers allé jusqu'au Pont de Camarès, si l'on ne m'avait informé (jue les fidèles de ce lieu m'attendaient avec une grande impatience et par là faisaient voir (ju'ils en avaient connais- .-ance, et que les ennemis en pouvaieni avoir aussi, et que la |innlonce demandait di> ililVérer -. »

Loin de s'éteindre, le zèle, conune un incendie, augmentait, g-ag'nait de proche eu proche. Les bornes du Lang'uedoc étaient déjà franchies. Les protestants commençaient de s'ag-iter sérieusement en Rouerg-ue, en Guyenne, dans le comté de Foix, dans l'Orléanais, en Bretagne, en Saintonge, dans le Poitou.

' N- 7, t. II, p. 305. (Avril 1727.J

'N» 17. vol. H. Relation historique, etc.

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