L'HOSPITALITÉ
encore, comme les prédicants de la première heure, obligés de chercher un asile au Désert « entre des rochers, des buissons coupés qui couvraient partie d'une heaume ou caverne. » C'est là qu'ils se barricadaient pour passer la nuit ' . Une maison inconnue leur offrait-elle l'hospitalité, il fallait encore qu'ils s'en défiassent. Peut-être le maître du log-is était-il un traître. Ne les avait-il point reçus, g'agné par l'appât de la récompense, pour les livrer aux soldats pendant leur sommeil ? On répétait volontiers qu'un nommé Minot avait ainsi -livré un prédicant.
Cependant, on doit le dire, les religuonnaires aimaient assez à recevoir les prédicants ; ils y mettaient même de l'émulation. Depuis le « réveil, » ils ouvraient facilement leurs maisons aux ministres qui venaient y frapper; ils les ouvraient au premier appel, sans hésiter, avec joie. C'était faire preuve decourag-e. Ces maisons hospitalières étaient connues des espions; les g'ouverneurs savaient tous quels en étaient les maîtres et on possédait à l'Intendance la liste des familles chez lesquelles venaient habituellement log'er les prédicants^. Si ces derniers étaient capturés chez eux, les fidèles savaient quelle peine ils encouraient.
« Défendons à tous nos sujets, avait dit le Roi en l7'24,tlo recevoir les ministres ou prédicants, de leur donner retraite, se-
> « . . . Dieu, raconte Court, bénissait visiblement mon ministère, malgré mes dangers, mes fatigues, et tout ce qu'il y avait à souffrir pour la nourriture et pour les gites, qui étaient le plus souvent la rase campagne, le dessous des arbres ou les antres des rochers. » N''46, cah. L
* Cette liste fort curieuse existe. Le Bcllctin l'a j)ubliée et nous en avons eu l'original entre les mains.