‹ Antoine CourtChapitre 212 sur 251 · RÉCITS D'AVENTURES · texte numérisé non relu

RÉCITS D'AVENTURES

toutes parts ot hors d'espéranco do vous sauver, à cause de la clarté des flambeaux qui environnent toutel'ile. Jevous vois enfin ramassant le l)ois de votre raisse, creusant votre tombeau dans du fumier, et Dieu lui-miMne qui vous couvre, afin (jue les méchants ne touchent jioint à son oint'. »

Voilà l)ien du haut style. — Court raconte ses aventures avec infiniment plus de bonhomie et de naïveté. Il avait, comme ses collègues, fait depuis long-temps le sacrifice de sa vie, et il parle de la mort sans prosopopée ni rhétorique, en homme qui ne la craint plus et la brave en se jouant. Il n'insiste que sur une chose ; son sang'-froid.

En 1715, en revenant de Nîmes, il aperçut à l'entrée des garrigues deux capucins. Il alla à leur rencontre, fit route avec eux, et mit bientôt la conversation sur le purgatoire, l'invocation des saints, la défense de lire l'Ecriture et surtout la transsubstantiation. Les capucins étaient fort intrigués; enfin l'un deux : «Vous faites le fin, vous avez été aux assemblées. » Court ne se déconcerta pas, et souriant, avec calme : « Je vois par là que vous avez une idée plus avantageuse de ces religieuses convocations que je ne m'étais imaginé. \'ous avez raison. On y acquiert des connaissances salutaires, et elles sont formées pour l'in.struction et non pour y tramer des projets de révolte, comme vous avez accoutumé de les en accuser calomnieusement. » Làdessus, comme on approchait du couvent Saint-Nicolas et que l'aventure pouvait avoir une fin désagréable, il abandonna en riant ses deux compagnons de route ^

» N° 12, p. 51. (1725.) 2 N" 46, cah I et III.

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