FERMETÉ DES MARTYRS
au g-ain, et contre des g-ouveriieurs (j^ui mettaient leur (''mulatioii à arrêter les prédicants ! Une seule cliose étonne, c'est que le nombre des victimes ait été en réalité si petit. Dans l'espace de quinze ans, on ne pendit que quatre prédicants : Arnaud, Hue, Vesson et Alexandre Roussel. C'était peu.
On .sait comment ils furent pris, mais avec quelle merveilleuse fermeté d'àme ils subirent leur supplice, c'est ce qu'on ne saurait assez admirer. « Jamais on n'a vu une personne plus tranquille, écrivait Duplan à la mère d'Arnaud, et plus résignée à la mort que ce pauvre ag'neau. Ses ennemis les plus cruels en ont été touchés. . . Je ne doute pas, ma chère sœur, que vous ne vous soumettiez avec joie aux ordres du ciel qui avait prédestiné votre cher fils h être du nombre des martyrs; les hommes n'ont fait qu'exécuter les décrets de Dieu. Il faut adorer avec un religieux respect cette main invisible qui règle avec une souveraine sagesse tous les événements qui arrivent dans ce monde*.» — Lorsque Roussel fut pris et enfermé dans la citadelle de Montpellier, le duc d'Uzès, qui le voulait sauver, lui conseilla de contrefaire le fou. Mais lui, avec fermeté : « Monseigneur, je vous suis très-obligé de vos bonnes intentions en ma faveur, mais permettez-moi de dire à votre Grandeur que je n'ai jamais été de meilleur sens que je suis présentement, et que ma conscience ne me permet pas de contrefaire le fol. » Il fut condamné à être pendu, et l'exécution suivit de près le jugement.
» N° I, i. II, p. I.".. (1718.)