‹ Antoine CourtChapitre 217 sur 251 · VISITES PASTORALES · texte numérisé non relu

VISITES PASTORALES

dont on avait enfermé les filles dans les couvents, aux familles afflig'ées par les mille douleurs de l'existence augmentées de celles de la persécution, — lettres j)leines de tendresse, de sévérité et de mâles consolations.— C'étaient des visites aux malheureux, et quels malheureux! Les amendes multipliées, la misère — une misère hideuse, croissante, — la faim déchirant les entrailles, les soldats s'installant dans les maisons et les ruinant, voilà les souffrances qu'il fallait voir et qu'il fallait faire patiemment supporter. Tous en effet n'avaientpasl'héroïque g-randeur d'âme decette femme protestante, la mère de Roussel. Lorsqu'elle apprit la mort de son fils et la sérénité avec laquelle il avait subi le dernier supplice, loin de montrer de l'affliction, elle ne témoig"na que de la joie. Antoine Court alla lui offrir ses consolations ; mais elle : « Si mon fils avait montré quelque faiblesse, je ne m'en serais jamais consolée, mais, puisqu'il est mort constamment, que de g'râces n'ai-je pas à rendre à Dieu qui l'a fortifié ' . »

Ce n'était pas tout. Avait-on élu les Anciens, et les consistoires fonctionnaient-ils bien? — Où en était l'œuvre, et n'y avait-il point de reproches à adresser aux prédicants? — Quand se tiendrait le Synode? en (juel lieu? Ne serait-il pas préférable de le convoquer plus tard et dans un endroit moins exposé aux recherches des troupes? — Mille autres choses. Court ne tarissait point.

Les prédicants recevaient chaque jour des lettres de lui, et répondaient. C'était un continuel échang-e de de-

' V. Pièces et documents, n" XX.

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